Campagne d’intimidation et d’oppression en Chine: Des prêtres et des laïcs arrêtés et battus

Deux évêques «clandestins» séquestrés

Pekin, 9 février 1998 (APIC) Des prêtres et des séminaristes arrêtés, deux évêques séquestrés, des célébrations bloquées, des prêtres et des laïcs battus avec des bâtons jusqu’à leur casser les jambes: ce sont quelques faits, révélés par l’agence missionnaire Fides à Rome. Celle-ci dénonce une campagne de violence qui s’est abattue sur les communautés catholiques non officielles dans différentes régions de Chine.

Certaines informations remontent à Noël, mais viennent seulement de parvenir en Occident. Selon des sources non révélées par Fides, dans le Gansu, le Henan et le Hebei, des communautés de fidèles n’ont pas pu célébrer la messe de Noël car la police les en a empêchés. Dans le Gansu, jusqu’en novembre dernier, le gouvernement local a interdit l’utilisation de plusieurs lieux de rencontre des fidèles non officiels. Dans le Hebei, le contrôle des prêtres et des laïcs est systématique: visite à domicile, perquisition et confiscation des missels et du matériel de catéchèse.

Le 31 janvier, la «Kung Foundation», basée aux Etats-Unis, a diffusé la nouvelle de l’arrestation survenue le 25 janvier de deux prêtres «clandestins» du Hebei, les Pères Pei Junchaon, du diocèse de Zhengding, et Chen Hekun, 36 ans, du diocèse de Baoding. Un nombre non précisé de laïcs et de séminaristes ont été arrêtés en même temps qu’eux.

On ne sait pas ce que sont devenus l’évêque non officiel de Baoding, Mgr Jacques Su Zhimin et son auxiliaire, Mgr An Shuxin, tous deux arrêtés en 1996. On sait en revanche que le Père Cui Xingang, curé du sanctuaire marial de Dong Lu (Hebei), célèbre lieu de pèlerinage des communautés officielles et non officielles, est emprisonné dans le comté de Qingyan.

100 millions de chômeurs

Le 28 janvier dernier, l’agence catholique asiatique Ucan a révélé que, dans le Hebei encore, la campagne pour faire disparaître l’Eglise «clandestine» a désormais recours à la violence physique. Le 20 décembre dernier, le Père Pietro Hu Duo a été arrêté et battu avec force par la police qui a fini par lui casser les jambes. Le Père Hu venait d’être libéré d’un «camp de rééducation par le travail». On ne connaît pas le lieu de sa détention. Il travaillait pour le diocèse de Baoding, dans le comté de Xushui. Le comté et sa police sont apparus sous les feux de la rampe après la dénonciation faite par Fides concernant le Père Li Qinghua.

Toujours dans le comté de Xushi, la veille de Noël, dans le village de Liangzhuang, trois laïcs responsables de communautés ont été encerclés par un groupe de personnes au visage couvert qui les ont bâillonnés, liés et frappés sauvagement avec des bâtons. Une femme qui avait reconnu un des assaillants a également été battue, et sa maison brûlée. Une jeune fille de 16 ans qui, au cours d’un interrogatoire, refusait de se soumettre aux pressions de la police qui la poussait à ne pas adhérer à la communauté «clandestine», a été battue au point de devoir être transportée à l’hôpital.

La police a tenté de bloquer les nouvelles sur la violence en interdisant aux catholiques de Liangzhuang de quitter le village. Elles sont parvenues à Fides par l’intermédiaire de commerçants étrangers.

Selon Fides, l’intensification des persécutions est le résultat de la situation d’insécurité dans laquelle se trouve la Chine: «Le mécontentement grandit dans les campagnes et dans les villes à cause de la crise asiatique. Le nombre des chômeurs a déjà dépassé le seuil des 100 millions et on calcule qu’ils pourraient atteindre 200 millions en l’an 2000. Le gouvernement a, pour cette raison, lancé une campagne par laquelle il tente de bloquer toutes les organisations qu’il ne contrôle pas». (apic/cip/fides/pr)

9 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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