Australie: Les Eglises d’Australie mangent du curry pour soutenir les étudiants indiens

Campagne en faveur des victimes d’agressions, de plus en plus fréquentes

Melbourne, 16 mars 2010 (Apic) «Du vindaloo contre la violence»: telle est la campagne lancée récemment au Australie par des Eglises du pays, pour inviter les Australiens à manger un plat au curry pour le déjeuner ou le dîner, pour lutter contre la racisme et la violence.
Des responsables d’Eglise ont ainsi emboîté le pas en mangeant des plats au curry pour soutenir cette campagne qui visait à vaincre la violence et le racisme dont sont victimes les étudiants indiens vivant en Australie.

Le pasteur Alistair Macrae, leader de la plus grande Eglise protestante d’Australie, l’Eglise unifiante d’Australie, a appelé les gens d’Eglise à sortir «au restaurant indien du coin et commander un vindaloo ou un curry tout en priant pour que «l’Esprit généreux apaise nos cœurs».

«La violence raciste que l’on voit de plus en plus dans nos rues est inquiétante. Les motivations racistes qui transparaissent derrière certaines agressions visant des étudiants indiens rendent ces agissement encore plus sinistres», a déclaré le pasteur Macrae cité par l’Agence ENI.

«Du vindaloo contre la violence» a été reprise de l’idée d’une habitante de Melbourne, Mia Northrope, qui avait lancé une campagne sur Internet appelant les gens à montrer leur soutien envers les étudiants indiens et à rejeter la violence raciale à leur encontre.

Le problème du racisme et de la violence à l’égard de la population estudiantine d’origine indienne couve depuis environ un an, mais lorsque les médias indiens l’ont popularisé, la question est devenue une pierre d’achoppement diplomatique entre les deux pays.

D’après les médias de l’Inde, la population estudiantine indienne – qui compterait 450’ 000 individus, essentiellement concentrés dans la deuxième ville du pays, Melbourne – serait la cible de violences racistes systématiques.

Selon certains observateurs, cependant, les actes de violence sont aléatoires et liés au fait que beaucoup d’étudiants indiens occupent des emplois à temps partiel à haut risque, par exemple dans les épiceries et stations services ouvertes la nuit ou en tant que chauffeurs de taxi. Cependant, les milieux politiques indiens ont accusé le gouvernement australien d’être dans «le déni» concernant les agressions.

Le meurtre à coups de couteau, dans la banlieue résidentielle de Melbourne, de l’étudiant Nitin Garg, 24 ans, originaire du Pendjab, a précipité les choses. Les médias indiens ont déferlé dans la ville pour dénoncer le crime comme l’illustration de la violence raciste que subissent les Indiens en Australie.

Plusieurs églises ont organisé des cérémonies pour tenter de mettre l’accent sur l’unité qui, pour beaucoup de gens, existe déjà dans la communauté. Lors d’un culte, l’archevêque anglican de Melbourne, Robert Freier, a appelé à faire un «bond de compassion» vers la communauté indienne.

Certains membres de la communauté indienne d’Australie ont fustigé les médias de l’Inde pour leur manque d’objectivité, les accusant d’avoir omis des éléments dans le dossier de la violence raciale en Australie. Le rédacteur en chef du journal australien Indian Link a déclaré qu’il s’agissait d’une «honteuse omission» de la part de la presse indienne, qui n’a pas mentionné les cas de violence perpétrée par des Indiens contre des Australiens à Sydney et Melbourne. Plus de 400 restaurants indiens de Melbourne ont participé à cette campagne. (apic/eni/pr)

16 mars 2010 | 17:20
par webmaster@kath.ch
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