Suisse : les Eglises chrétiennes rappellent l'interdiction absolue de la torture
Campagne pour la journée des Droits de l’Homme du 10 décembre
Berne, 5 décembre 2014 (Apic) A l’occasion de la Journée des droits de l’homme du 10 décembre, les Eglises chrétiennes de Suisse rappellent l’interdiction absolue de la torture. Dans un message adressé aux paroisses catholiques, protestantes et catholiques-chrétiennes elles invitent les fidèles à réfléchir et à s’engager contre une pratique qui reste trop courante dans de nombreux pays. L’ACAT-Suisse (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) se joint à cette démarche en faisant signer deux pétitions.
« La torture persiste malgré son interdiction mondiale. Neserait-elle pas nécessaire, en définitive? Rien qu’un peu, évidemment ? A titre exceptionnel? Juste pour les crimes les plus graves ? Juste pour le terrorisme ? Juste pour ?» interroge la déclaration commune du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) de la commission nationale Justice et Paix et de l’Eglise catholique chrétienne,
L’adoption de la Convention contre la torture, le 10 décembre 1984, il a exactement trente ans, a marqué notre époque en dotant les Etats d’un instrument pour assurer l’application de l’interdiction de la torture au niveau international. La Convention compte actuellement 156 Etats parties. Mais la torture a tendance à augmenter. Les Eglises profitent du 30e anniversaire de la Convention contre la torture pour rappeler les Etats parties à leurs obligations.
La torture ne mène jamais à la justice
Ce qui, au niveau du droit, est sans ambiguïté, apparaît souvent sous un tout autre jour dans la réalité, relèvent les Eglises. Un débat sur la torture comme «moyen d’ultime recours». Dans une situation où la vie d’un enfant enlevé est menacée par exemple, tous les moyens ne doivent-ils pas être bons pour l’arracher aux mains de ses ravisseurs ? Pourquoi l’Etat devrait-il avoir plus d’égards envers un criminel que celui-ci envers sa victime ? Face à ces questions morales difficile, le message insiste sur le caractère absolu de l’interdiction de la torture.
Contre la torture et le recours à d’autres formes de violence, la seule protection possible est celle d’un législateur qui se situe incontestablement au niveau des droits de l’Homme qui prohibent tout forme de torture. Un Etat qui tolère le recours à la torture comme moyen d’action contrevient à son devoir constitutionnel de protéger, sans aucun détour et avec les moyens du droit, la dignité de ses citoyens, rappellent les Eglises. La torture ne mène jamais à la justice. Les récoltes de signatures ont lieu jusqu’au 19 janvier 2015.
Pétitions de l’ACAT
Pour accompagner la réflexion, l’ACAT-Suisse a lancé deux pétitions la première demande au Conseil fédéral d’intégrer une norme pénale réprimant toute forme de torture dans le Code pénal suisse. En effet, sur ce point, la Suisse ne respecte pas la convention contre la torture qu’elle a ratifiée en 1986.
La seconde pétition s’adresse au président de la République togolaise en l’invitant à incriminer la torture et à prendre des mesures préventives efficaces. Au Togo, il existe des allégations d’un recours parfois systématique à la torture, notamment lors d’arrestations, de gardes à vue, d’interrogations et dans certains lieux de détention. Les actes de torture sont encouragés par le fait que les auteurs présumés sont rarement poursuivis et que les aveux obtenus sous la torture sont utilisés à titre de preuves.
La déclaration des Eglises et les documents de la campagne sont disponibles sous http://www.kirchenbund.ch/fr/journee-des-droits-l-homme
(apic/com/mp)



