Une première mondiale par le nombre de pays représentés
Canada :30 ans d’oecuménisme au sommet entre catholiques et anglicans
Toronto, 20 mai 2000 (APIC) Des évêques catholiques et anglicans de treize régions du monde se sont réunis du14 au 20 mai près de Toronto, dans l’Ontario, au Canada, pour dresser le bilan des trente années de dialogue oecuménique mené au plus haut niveau entre les deux Eglises dans les différentes parties du monde.
Les évêques participant à la rencontre de Toronto sont venus de Nouvelle-Zélande, du Canada, d’Angleterre, des Etats-Unis, d’Irlande, d’Inde, du Nigeria, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, d’Afrique du Sud, d’Ouganda, d’Australie, du Brésil et des Antilles. La rencontre s’est
déroulée sous la présidence de l’archevêque de Canterbury, le Dr George Leonard Carey, primat de l’Eglise anglicane, et du cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
Les deux nouveaux présidents de la Commission ARCIC étaient également présents: le Dr Frank T. Griswold, primat de l’Eglise épiscopale aux Etats-Unis, a été nommé en juin 1998 et Mgr Alexander Brunett, archevêque catholique de Seattle aux Etats-Unis, l’a été en décembre 1999.
Les évêques catholiques et anglicans réunis au Queen of Apostles Renewal Center de Mississauga près de Toronto n’ont pas seulement consacré leurs journées à des échanges mutuels. Ils ont chaque jour prié ensemble et ont vécu, le 17 mai, une célébration commune des vêpres, dans la cathédrale catholique de Toronto, sous la présidence de l’archevêque de cette ville, le cardinal canadien Aloysius Ambrozic, et de l’évêque anglican Terence Finlay.
Une première rencontre mondiale
Dans l’homélie qu’il a prononcée au cours de cette célébration, le Dr George Carey, primat de la Communion anglicane, s’est réjoui de cette rencontre. «C’est la première fois, a-t-il souligné, que des responsables anglicans et catholiques de l’ensemble du monde se réunissent pour discuter des problèmes et des défis qui se posent à eux sur le chemin menant à la pleine unité visible des deux Eglises. Les «Conversations de Malines» qui avaient réuni Lord Halifax et l’abbé Portal chez le cardinal Mercier entre 1919 et 1926 avaient marqué la première étape d’un dialogue renoué entre la Communion anglicane et l’Eglise catholique romaine depuis le XVIe siècle. Mais cette recherche de dialogue n’a pas eu de prolongement officiel avant l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II (1962-1965).
Sous l’impulsion du concile, la rencontre de mars 1966 entre l’archevêque de Canterbury, le Dr Michael Ramsey, et le pape Paul VI a relancé le dialogue entre anglicans et catholiques au plus haut niveau. Celui-ci s’est développé à partir de 1970 au sein de la Commission internationale anglicane-catholique romaine (ARCIC), qui a publié en trente ans plusieurs documents d’importance. L’archevêque de Canterbury a relevé ce dialogue théologique entre les deux Eglises a toutefois suscité des objections du côté protestant. Le Dr Carey y a fait allusion lors de la célébration de Toronto. «Des protestants craignent que les principes de la Réforme soient abandonnés et que la foi évangélique en soit trahie. Je réponds que le chemin parcouru par l’Eglise catholique romaine et par la Communion anglicane depuis le Concile Vatican II n’a pas été un parcours qui les éloignait de la foi chrétienne, mais un pèlerinage qui les a conduites ensemble au coeur de cette foi. Les polémiques ont conduit à la haine et à la division. Le partenariat conduit à la promesse d’un service mutuel et d’une éventuelle union».
Au cours des vêpres oecuméniques célébrées dans la cathédrale de Toronto, ont été lues deux réflexions sur l’Eglise empruntées à des théologiens des deux autres grandes traditions chrétiennes: une réflexion émanait du Père orthodoxe George Florovsky et l’autre du pasteur protestant Dietrich Bonhoeffer.
Le Dr Carey a illustré le besoin de coopération entre les Eglises par un exemple tiré de son dernier passage à Rome, le 18 janvier dernier. Il avait été invité par Jean Paul II tout comme le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier de Constantinople, à ouvrir avec le pape la Porte Sainte de la basilique Saint-Paul. Tous trois se sont alors aperçus qu’il leur faudrait plus que jamais unir leurs efforts pour faire pivoter sur ses gonds une porte qui n’avait plus été huilée depuis des années!
Le primat anglican a exhorté les Eglises à garder ensemble le regard centré sur le Christ et sur sa croix, qui exprime «le don même de l’amour de Dieu mais aussi un jugement» à l’égard des hommes.
Message du pape
La rencontre de Toronto répond à un souhait commun des deux Eglises catholique et anglicane, souhait qui avait été formulé en 1996 dans une déclaration conjointe de Jean-Paul II et de l’archevêque de Canterbury. Le pape s’est donc réjoui à son tour de voir ce souhait exaucé et il a tenu à marquer cette étape dans un message transmis aux participants par l’intermédiaire du cardinal Cassidy. «Depuis plus de trente ans, écrit le pape, la Communion Anglicane et l’Eglise catholique cheminent vers la restauration de l’unité, guidé par le Saint Esprit qui introduit à la vérité tout entière. A certains endroits, il y a eu des évolutions très positives au point que des liens ont été renforcés à travers la prière commune et l’action conjointe pour l’amour de l’Evangile. A d’autres endroits, nous ne sommes pas encore fort loin sur la route. Notre dialogue international ARCIC a donné des signes réels d’espérance qui, au terme de notre cheminement, n’auront pas été vains, même si de nouveaux et sérieux obstacles ont ralenti notre marche».
La recherche de l’unité dans la vérité, qui nous rendra capables d’annoncer l’Evangile avec force et sans réserve, c’est «la quête d’une perle de grand prix», conclut le message du pape, qui demande à Dieu pour les responsables des deux Eglises «les dons de la sagesse, de la patience, de la repentance et de l’amour afin que se renforcent et que s’approfondissent là autant que possible les liens qui ont toujours unis catholiques et anglicans. (apic/cip/ba)



