Mgr Luc Cyr sera leur porte-parole lors de la conférence de l’OMC

Canada: A la veille de Cancun, 256’000 Canadiens opposés au brevetage du vivant

Ottawa, 3 septembre 2003 (Apic) A une semaine de l’ouverture de la 5e Conférence ministérielle de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) qui se tiendra à Cancun, au Mexique, du 10 au 14 septembre prochain, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) monte au créneau. Porte- parole de 256’000 Canadiens opposés au brevetage du vivant, Mgr Luc Cyr, évêque de Valleyfield, défendra leur position à Cancun.

Le Canada doit adopter une position ferme sur l’exclusion du brevetage des semences et de toute autre forme de vie lors de la conférence ministérielle de l’OMC à la table des négociations qui traitera des Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), estime la Conférence épiscopale canadienne à Ottawa. C’est Mgr Luc Cyr qui représentera à Cancun la CECC et son organisme de solidarité avec les pays du Sud, «Développement et paix». Cette oeuvre d’entraide a été fondée par les évêques canadiens il y a plus de 35 ans.

«Plus d’un quart de million de personnes ont demandé au gouvernement canadien d’empêcher les entreprises de breveter les semences et autres formes de vie», rappelle Mgr Luc Cyr. «Développement et paix» a pour sa part annoncé il y a quelques temps que 256’319 cartes postales ont été envoyées par ses membres et sympathisants au Premier ministre canadien Jean Chrétien. La demande d’une telle interdiction est notamment réclamée par les pays africains membres de l’OMC.

Accroissement de l’insécurité alimentaire pour les paysans pauvres d’Afrique

«Le brevetage de denrées de base comme le maïs, les pommes de terre et le riz va entraîner un accroissement de l’insécurité alimentaire pour les paysans pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Cela va obliger des millions de paysans à acheter leurs semences directement de multinationales, alors que, depuis des générations, ils échangent entre eux les graines dès la fin des récoltes. Obtenir des brevets sur les formes de vie, c’est franchement inacceptable», estime l’oeuvre d’entraide catholique canadienne.

«La conférence de Cancun, c’est notre dernier recours pour exclure le brevetage des formes de vie de l’accord sur les ADPIC», affirme Mgr Cyr. «A titre de représentant de la Conférence des évêques catholiques du Canada, il me semble important de réaffirmer que l’économie doit être au service de l’humanité et non l’inverse et que cette conviction est au coeur de notre engagement chrétien».

Les quatre délégués de «Développement et paix» à Cancun sont Mgr Luc Cyr, Paul Cliche, coordonnateur des programmes pour l’Amérique latine, Hélène Gobeil, coordonnatrice des programmes d’éducation populaire, et Mary Durran, recherchiste. Près de 100 ONG canadiennes seront représentées lors de la conférence de l’OMC. JB

Le texte complet de la prise de position de «Développement et paix» se trouve sur son site internet (www.devp.org). (apic/com/cecc/be)

3 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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