Canada: Des évêques rencontrent le Chef national de l’Assemblée des Premières nations
Ils abordent les traumatismes subis dans les «pensionnats indiens»
Ottawa, 30 janvier 2008 (Apic) Sept évêques catholiques du Canada ont rencontré mardi 29 janvier à Ottawa le Chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Phil Fontaine, afin d’échanger sur le processus de guérison et de réconciliation dans le cadre de l’expérience des anciens pensionnats autochtones. Des membres de la communauté des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont subi des abus sexuels et des mauvais traitements dans les «pensionnats indiens» entre 1831 et 1990.
Des abus sexuels et physiques ont été commis dans beaucoup de pensionnats autochtones. Ce qui a été vécu dans certaines de ces institutions a eu des répercussions sur la vie des Autochtones. Les blessures psychologiques sont profondes et ont été transmises de génération en génération. La guérison est un processus graduel qui exigera du temps et de la patience. Mais un autre objectif tout aussi important est d’amorcer un processus de réconciliation entre les générations des peuples autochtones, et entre les Autochtones et les non Autochtones.
C’est la première fois que Phil Fontaine, Chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), rencontrait un groupe d’évêques catholiques afin de discuter de la démarche actuelle de guérison et de réconciliation avec les Premières Nations concernant les expériences traumatisantes vécues dans les pensionnats indiens. L’Assemblée des Premières Nations est l’organisme national qui représente les citoyens des Premières Nations au Canada.
De nombreuses rencontres avec des organisations religieuses
La rencontre, qui s’est tenue à Ottawa, est la plus récente d’une série amorcée par Phil Fontaine. En mai 2004, il avait rencontré un groupe de dirigeantes religieuses à Winnipeg afin d’encourager le dialogue sur la guérison et la réconciliation avec des organisations religieuses catholiques ayant joué un rôle dans les pensionnats indiens.
Au cours des deux dernières années, le Chef national a également rencontré des religieux et religieuses faisant partie d’organisations catholiques ainsi que leurs dirigeants à Montréal et à St-Hyacinthe, au Québec, à Winnipeg, au Manitoba, et à Edmonton, en Alberta. Le Chef national a déclaré avoir apprécié cette occasion de rencontrer des évêques.
La plupart des religieux ont cru agir dans l’intérêt des élèves
«Je reconnais qu’à l’époque des pensionnats indiens, des milliers de religieux et de religieuses faisant partie d’organisations catholiques ont travaillé en croyant sincèrement agir dans le meilleur intérêt des élèves de ces pensionnats. Toutefois, il est important que ces organisations religieuses reconnaissent ouvertement le rôle qu’elles ont joué dans les pensionnats et qu’elles entendent directement les membres des Premières Nations s’exprimer sur leurs expériences. L’aide et la participation des organisations catholiques sont essentielles au processus de guérison et de réconciliation», a-t-il déclaré.
«Pour nous, les organisations catholiques sont des alliées dans le cadre du difficile processus de guérison que traversent les survivants des pensionnats indiens et leurs familles. Nous souhaitons continuer de collaborer, à l’échelle communautaire locale, avec les membres des organisations catholiques. La coopération étroite de tous les intervenants est indispensable au succès de la mise en oeuvre de la Commission de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats indiens», relève Phil Fontaine.
En tant que participant à la rencontre, Mgr Sylvain Lavoie, archevêque de Keewatin-Le Pas, dont le territoire s’étend sur les provinces du Saskatchewan et au Manitoba a déclaré : «Nous sommes reconnaissants du soutien et de la coopération de chefs des Premières Nations tels que le Chef national de l’APN, Phil Fontaine. Nous avons toujours considéré ce processus de guérison et de réconciliation comme faisant partie intégrante de notre relation avec les collectivités autochtones catholiques et non catholiques. Nous nous attendons à ce que cette relation évolue, à mesure que nous surmontons le triste héritage laissé par les pensionnats indiens».
Des programmes de guérison dans le diocèse de Keewatin-Le Pas
L’archevêque Lavoie a mentionné que les activités entreprises actuellement dans son diocèse incluent trois programmes de guérison des séquelles laissées par les pensionnats indiens, en collaboration avec des collectivités des Premières Nations au Manitoba et en Saskatchewan. Il a ajouté que les nouveaux prêtres qui arrivent au diocèse doivent apprendre le déné, le cri et l’oji-cri comme façon d’encourager la culture et les langues.
Il a également affirmé que les efforts visant à réparer et à rétablir les relations avec les Premières Nations ont commencé des décennies avant qu’une entente officielle soit conclue, en 2006, entre les 50 organisations catholiques et le gouvernement fédéral, et que les catholiques ont amorcé un grand nombre d’initiatives dans les diocèses canadiens, même pendant la longue période de procédures judiciaires et de négociations des cinq dernières années. (apic/cecc/apn/be)



