La compagnie minière canadienne appelée à la responsabilité
Canada: Des organisations catholiques interpellent Goldcorp sur sa mine d’or au Honduras
Montréal, 3 mai 2007 (Apic) A l’occasion de l’assemblée générale de Goldcorp, tenue mercredi 2 mai à Vancouver, trois organisations catholiques ont interpellé les actionnaires sur la mine d’or que gère la compagnie minière canadienne au Honduras.
EIles exigent que cette dernière – au troisième rang mondial des compagnies minières – mette tout en oeuvre pour que la fermeture prochaine de la mine à ciel ouvert de San Martin dans la vallée Siria, au Honduras, se fasse de manière responsable. Les opérations de la mine ont pollué et asséché les nappes d’eau locales et l’utilisation de solutions de cyanure met en danger la santé de la population locale.
L’ONG catholique canadienne «Développement et Paix» veut s’assurer que Goldcorp agisse de manière responsable et dépollue le site de la mine de San Martin avant sa fermeture. «Développement et Paix» appuie les efforts déployés dans ce sens par le Comité environnemental de la vallée Siria, une organisation locale constituée pour défendre les droits des communautés locales.
«Développement et Paix», son organisation soeur britannique Cafod (Catholic Agency for Overseas Development), ainsi que l’organisation de l’église hondurienne Caritas Tegucigalpa, participent à une campagne internationale de sensibilisation au sujet des agissements de Goldcorp dans ce pays d’Amérique centrale.
«Nous pensons que toutes les compagnies minières doivent fonctionner de manière transparente, qu’elles doivent respecter les décisions des communautés touchées et s’assurer de minimiser les impacts sociaux et environnementaux de leurs opérations», a affirmé Chris Bain, le directeur de Cafod. «Jusqu’à présent, Goldcorp a très peu fait pour répondre à nos préoccupations dans ces domaines».
Entremares, une filiale de Goldcorp (auparavant Glamis Gold), exploite depuis 1999 une mine d’or à ciel ouvert dans la vallée Siria, dans le centre du Honduras. On emploie dans cette mine une technique controversée, la «lixiviation», qui exige l’utilisation de cyanure pour extraire l’or.
De telles opérations minières ont toujours des répercussions importantes sur l’environnement, a déclaré le Père German Calix, directeur national de Caritas Honduras. Maintenant que la fermeture de la mine approche, il est urgent que Goldcorp prépare et mette en oeuvre un plan détaillé de fermeture qui réponde aux préoccupations des communautés locales, estime-t-il.
Les communautés de la vallée Siria se sont régulièrement plaintes du fait que les opérations de la mine ont pollué et asséché les nappes d’eau locales et que la compagnie n’a jamais fourni de titres de propriété aux familles qui ont été installées ailleurs à cause de la mine. La législation sur l’exploitation minière au Honduras laisse encore beaucoup à désirer, et le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour protéger les droits des communautés affectées.
Campagne «La vie avant le profit»
A travers sa campagne «La vie avant le profit», «Développement et Paix» a demandé au gouvernement canadien de réglementer les activités des compagnies d’exploitation minière, pétrolières et gazières canadiennes qui opèrent à l’étranger, car les pays d’accueil ne prennent pas toujours les mesures nécessaires pour s’assurer que ces compagnies opèrent de manière responsable. Organisme officiel de solidarité internationale de l’Eglise catholique au Canada, «Développement et Paix» compte sur ses 15’000 membres dans tout le pays pour appuyer son aide et sa collaboration avec 200 partenaires dans 28 pays en Afrique, en Asie et en Amérique latine. (apic/dp/com/be)



