Pour un accès à l’eau potable à un prix abordable pour tous
Canada: Développement et Paix part en campagne contre la privatisation de l’eau
Montréal, 8 novembre 2004 (Apic) Développement et Paix lance sa nouvelle campagne de sensibilisation sur l’eau potable. L’agence de développement international de l’Eglise catholique au Canada plaide pour un accès à l’eau potable à un prix abordable pour tous et dénonce la politique néfaste de la Banque Mondiale (BM) dans ce secteur.
A cette occasion, Mgr Roger Ebacher, évêque de Gatineau-Hull, et des conseillers municipaux de Gatineau-Hull, ont interpellé le ministre canadien des finances, Ralph Goodale. Ils ont signé une carte dénonçant le fait que la Banque Mondiale exige de certains pays pauvres de céder la gestion de l’eau potable à l’entreprise privée.
La BM utilise en effet souvent son influence pour encourager les gouvernements du Sud à céder la gestion de leurs services d’eau à des entreprises à but lucratif. La Banque mondiale décourage les gouvernements qui voudraient subventionner les prix à la consommation, dénonce l’organisation catholique canadienne. En Asie, en Afrique et en Amérique latine, la Banque Mondiale encourage la gestion des services d’eau par le secteur privé, particulièrement par les multinationales.
La privatisation de l’eau: source d’immenses profits
Le mandat de la Banque Mondiale consiste à réduire la pauvreté. La BM prétend que la promotion des investissements du secteur privé constitue une importante façon d’y contribuer, le secteur privé étant plus efficace et moins coûteux. Selon Développement et Paix, il n’est pas surprenant qu’on en soit venu à voir la privatisation de l’eau comme une source d’immenses profits.
Quelques grandes compagnies font figure de géants dans ce secteur: Vivendi et Suez contrôlent environ 40 % du marché privé de l’eau dans le monde. Cette concentration signifie que plus de 200 millions de personnes dans 150 pays s’approvisionnent en eau à des services gérés par l’une ou l’autre de ces compagnies, relève l’oeuvre d’entraide des Eglises canadiennes.
Selon Développement et Paix, une telle politique s’avère tout simplement dramatique. En effet, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, il en coûte aujourd’hui toujours plus cher pour obtenir de l’eau potable, une dépense que les familles pauvres ne peuvent tout simplement pas se permettre. Le droit à l’eau est indispensable pour mener une vie digne, soutient le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies. «Après tout, il n’y a pas de vie sans eau.»
En 2001, le gouvernement ghanéen a augmenté de 95 % le prix de l’eau. Il applique ainsi une des conditions requises par la Banque mondiale pour obtenir un prêt. La même année, 70 % des visites médicales au Ghana concernaient des maladies causées par de l’eau insalubre. Les pauvres s’étant tournés vers des sources dangereuses, le choléra, le ver de Guinée et la typhoïde se sont multiplié.
Le gouvernement du Canada étant membre du conseil d’administration de la BM, il doit exiger que cette grande institution financière cesse d’exiger de certains pays pauvres de céder la gestion de l’eau potable à des entreprises privées pour obtenir des prêts bancaires, demande Développement et Paix. L’organisation est membre de Caritas Internationalis (Rome) et de la CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité/Bruxelles), deux coordinations d’organismes catholiques de développement international et de secours d’urgence. (apic/devp/be)



