L’oeuvre d’entraide catholique ne financera pas les préservatifs
Canada: Développement et Paix s’engage activement dans la lutte contre le sida
Ottawa, 22 décembre 2003 (Apic) «Développement et Paix», l’oeuvre d’entraide catholique canadienne pour le développement international, a décidé de prendre une part active dans la lutte contre la pandémie du VIH/sida. Elle précise cependant qu’elle ne «financera pas des programmes de distribution des préservatifs», mais présentera «l’enseignement de l’Eglise sur la fidélité conjugale et l’abstinence».
Dans un document de 8 pages, intitulé «Pour un engagement de Développement et Paix dans la lutte contre le VIH/sida – Enoncé de politique», l’agence de développement de l’Eglise catholique canadienne est claire. Elle veut s’assurer que tout projet qu’elle soutient dans ce domaine «présente l’enseignement de l’Eglise sur la fidélité conjugale et l’abstinence». Par conséquent, l’organisme ne financera pas des programmes de distribution des préservatifs ou dans d’autres programmes plus généraux, la composante distribution de préservatifs. Toutefois, dans ces derniers cas, Développement et Paix acceptera d’appuyer financièrement d’autres composantes qui sont cohérentes avec ses approches».
Compassion envers les 40 millions de personnes infectées ou malades
Il est clairement explicité dans le document sur la politique de Développement et Paix qu’une information complète sur le VIH/sida – du point de vue moral et scientifique – doit être mise à la disposition des gens du Sud. Cette politique a été élaborée en collaboration avec la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Elle se fonde sur le principe que personnes de bonne volonté devraient faire preuve de compassion envers les quelque 36 à 40 millions de personnes infectées par le virus ou malades du sida, poser un regard lucide sur la situation, et promouvoir un esprit de solidarité entre les intervenants.
95 % des personnes nouvellement infectées proviennent des pays les plus pauvres du monde: avec 70 % des cas, l’Afrique sub-saharienne est de loin la région la plus affectée. Pourtant, 92,5 % des budgets de prévention et de traitement du VIH/sida se trouvent au Nord. Dans le monde, 18,5 millions (46 %) des personnes souffrant de VIH/sida sont des femmes de 15- 49 ans; 15 millions (81 %) vivent en Afrique sub-saharienne.
15’000 nouveaux cas par jour sont recensés dans le monde
Le groupe d’âge (hommes et femmes inclus) le plus durement frappé est celui des 15-45 ans. En s’attaquant aux femmes et aux hommes jeunes, le VIH/sida anéantit la génération la plus active de ces pays, laissant derrière lui des orphelins et des personnes âgées. 15’000 nouveaux cas par jour sont recensés dans le monde et on estime que le nombre de victimes s’élèvera à 100 millions en 2005.
Le sous-développement constitue un important facteur de l’expansion de la pandémie du VIH/sida, affirme Gilio Brunelli, directeur des programmes de développement à Développement et Paix. «On ne peut s’attendre à enrayer la pauvreté sans se joindre à la bataille contre le VIH/sida. Ignorer le VIH/sida, c’est ignorer un des principaux éléments qui empêchent le développement dans les pays du Sud». Le travail de l’agence de développement de l’Eglise catholique canadienne pour combattre le VIH/sida s’inscrit dans la programmation régulière de l’organisme, au même titre que d’autres enjeux importants comme l’environnement et les questions de genre.
Développement et Paix rappelle que dans le document de Jean Paul II «Ecclesia in Africa» (1995), le pape souligne que le combat contre le sida devait être le combat de tout le monde. JB
«Enoncé de politique: Pour un engagement de DÉVELOPPEMENT ET PAIX dans la lutte contre le VIH/sida. (format PDF – 221k): disponible à l’adresse suivante: http://www.devp.org/pdf/HIV-AIDS-Policy-F.pdf) (apic/com/be)



