Canada : Huit mois de prison pour l’évêque orthodoxe coupable d’abus sexuel
Winnipeg 12juillet 2014 (Apic) L’ancien archevêque du Canada de l’Église orthodoxe en Amérique passera huit mois derrière les barreaux. Seraphim Storheim avait été reconnu coupable d’abus sexuel à l’endroit d’un mineur pour des gestes commis il y a 30 ans, rapporte, le 12 juillet 2014, la lettre d’information canadienne Proximo.
Le procureur demandait une peine de 12 mois, tandis que la défense espérait une peine avec sursis. L’avocat de l’homme, âgé aujourd’hui de 68 ans a indiqué que son client entendait faire appel de la condamnation et de la peine, estimant que les événements décrits lors du procès ont été mal interprétés par la cour.
Les faits reprochés remontent au milieu des années 1980, quand Seraphim Storheim était recteur du sobor Sainte-Trinité à Winnipeg. L’homme qui est par la suite devenu la plus haute autorité hiérarchique dans l’Église orthodoxe au Canada a été reconnu coupable d’avoir agressé un garçon. Le juge l’avait cependant innocenté des mêmes accusations à l’endroit de son frère jumeau. Lors du procès, l’un des deux frères aujourd’hui âgés de 39 ans a raconté que l’accusé inspectait ses organes génitaux à la recherche de poils pubiens et son pyjama pour trouver des traces de sperme. Il aurait également subi des étreintes lorsqu’il était dans son lit. Les deux frères ont également ajouté que l’accusé s’allongeait fréquemment nu sur le plancher du salon en tenant son pénis.
Séraphim Storheim s’était rendu lui-même à la police le 25 novembre 2010. Il avait alors été suspendu par l’Église orthodoxe en Amérique le 30 novembre. Une campagne de soutien a été mise en place par certains fidèles, causant quelques tensions au sein de l’Église orthodoxe en Amérique.
Un cas douloureux
Le primat de l’Église orthodoxe en Amérique, le métropolite Tikhon, a réagi à la sentence en appelant d’abord à prier pour les victimes et leurs familles. « Je demande également de prier pour la guérison et la paix dans l’archidiocèse du Canada », a-t-il ajouté au sujet de ce « cas douloureux ».
L’Eglise a poussé les sanctions plus loin en mars dernier lorsqu’elle a contraint Seraphim Storheim à la retraite. Il y a deux semaines, elle annonçait qu’elle s’apprêtait à mettre en place une cour spirituelle qui appliquera le droit canonique. D’autres sanctions ecclésiales pourraient ainsi suivre, dont un renvoi pur et simple de l’Église. (apic/proximo)



