Dédommager des personnes agressées sexuellement
Canada: L’Eglise anglicane confrontée à une grave crise financière ?
Vancouver, 30 janvier 2000 (APIC) – L’Eglise anglicane du Canada pourrait se trouver au bord de la faillite si l’on en croit le document distribué aux responsables de cette Eglise. Selon le document, «Planning for the Future», l’Eglise anglicane pourrait se trouver confrontée à une grave crise financière en raison des gros frais de tribunaux et des accords conclus avec d’anciens pensionnaires autochtones d’écoles gouvernementales gérées par l’Eglise. Ces derniers ont déclaré avoir été maltraités ou agressés sexuellement. Plusieurs centaines de cas sont actuellement à l’examen au Canada.
L’an dernier, Janice Dillon, juge auprès de la Cour Suprême de Colombie-Britannique, avait conclu que le Synode général de l’Eglise et le diocèse anglican de Kariboo devraient payer conjointement 60 % des dommages (le montant de la somme n’a pas encore été dévoilé) subis par un étudiant qui avait été agressé sexuellement il a trente ans à l’internat de Saint-Georges à Lytton, en Colombie-Britannique. Le gouvernement fédéral, quant à lui, devrait assumer 40% des dommages. Cette décision devrait avoir de profondes conséquences pour d’autres cas d’agressions sexuelles dans d’autres régions du Canada.
L’archidiacre Jim Boyles, secrétaire général de l’Eglise, a confié avoir informé le tribunal de son intention d’interjeter appel dans le cas de la Colombie-Britannique. Il espère le terminer à la fin du printemps ou au début de l’été. Il ne sait pas encore quand il sera présenté».
Il y a deux ans, la presse canadienne avait rapporté que le gouvernement et les Eglises concernés par le programme des internats pourraient avoir à payer jusqu’à un milliard de dollars canadiens (700 millions de dollars EU). Le document est actuellement distribué aux commissions du Synode général de l’Eglise et sera discuté en mai lors de la réunion du Conseil général de l’Eglise, instance dirigeante du Synode général.
Selon la revue de l’Eglise, «Anglican Journal», le document présente diverses options pour la poursuite du travail de l’Eglise sur le plan national, entre autres celle de supprimer ou décentraliser une grande partie de sa mission nationale, «en laissant une structure réduite à l’essentiel».
Trois autres Eglises étaient également impliquées dans le programme gouvernemental des écoles gérées par les Eglises – l’Eglise unie du Canada, l’Eglise presbytérienne et l’Eglise catholique romaine. Elles risquent toutes des procès. (apic/eni/ba)




