Canada: La Conférence des évêques catholiques et le Sommet des Amériques à Québec
Les «anti-mondialisation» contre la Zone de libre-échange (ZLEA)
Ottawa/Québec, 6 avril 2110 (APIC) En vue du Sommet des Amériques, qui aura lieu à Québec du 20 au 22 avril prochain, le Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada invite les dirigeants des pays du continent à mettre en place des politiques économiques qui promeuvent et protègent le bien-être et la dignité de toutes les personnes. De leur côté, les militants «anti-mondialisation» se mobilisent contre le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) qui sera discuté au Sommet de Québec.
Au cours d’une conférence de presse, Mgr Maurice Couture, qui à titre d’archevêque de Québec fait partie du Conseil permanent de la CECC, a présenté le message épiscopal intitulé «Qu’il n’y ait pas d’exclus» et préparé en vue du prochain Sommet des Amériques. Largement inspirée du document «Ecclesia in America» – un document du pape Jean Paul II à l’intention de l’Eglise en Amérique – la déclaration de la CECC rappelle les grands principes de l’enseignement social de l’Eglise et l’engagement indéfectible de l’épiscopat canadien à l’endroit des plus défavorisés.
«L’objectif de l’Eglise est qu’il n’y ait pas d’exclus, rappelle le Conseil permanent de la CECC en citant le document Ecclesia in America. A l’évidence, constatent les 15 évêques du Conseil permanent, la production d’une plus grande richesse n’a pas conduit de soi à l’équitable répartition de cette dernière. Et «la nouvelle économie» entraîne l’accroissement de l’inégalité plus rapidement que jamais auparavant».
Le modèle néo-libéral creuse l’écart entre riches et pauvres
L’écart ne cesse de grandir entre riches et pauvres. Des échanges répétés avec leurs confrères du Sud, de nombreux appels à l’aide de communautés d’Amérique latine et des visites pastorales dans des lieux où la misère sévit conduisent l’épiscopat canadien à faire ce lourd constat. Les évêques insistent donc pour que les gouvernements ne renoncent pas à leur pouvoir d’intervention. Selon eux, les autorités politiques commettent une faute grave si elles n’assument pas leur responsabilité de décideurs. «Ils s’effaceraient ainsi devant des puissances économiques qui certes peuvent augmenter la production et les profits mais qui se montrent incapables d’assurer la répartition des bienfaits qui en résultent», déclarent les évêques canadiens.
Loin de rejeter tout accord de libre-échange, les évêques affirment que d’éventuelles ententes doivent mettre la démocratisation en Amérique, l’équité économique, la protection de l’environnement et, tout particulièrement la personne, au centre de tous les débats. Mgr Couture et ses confrères dans l’épiscopat ajoutent que les parlementaires doivent absolument évaluer, dans leur réflexion sur une plus grande libéralisation des marchés, les impacts directs que celle-ci aura sur les pauvres, les pays endettés, les victimes de violations des droits humains ainsi que les femmes et les enfants.
Les évêques déplorent le manque de transparence du Sommet des Amériques
Comme de nombreux autres organismes, le Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada déplore le manque de transparence du Sommet des Amériques. A son avis, les organisateurs y gagneraient à rendre publics les documents officiels puisque «les citoyennes et les citoyens du continent seraient davantage en mesure d’apporter une meilleure contribution aux débats cruciaux qui touchent notre avenir commun.»
Les évêques canadiens encouragent d’ailleurs les actions populaires
Les évêques encouragent d’ailleurs les actions populaires qui, comme le Sommet des Peuples, visent à influencer les orientations prises lors du Sommet des Amériques. Toutefois, ils espèrent que cette voix puisse se faire entendre «sans que la violence, de quelque part qu’elle vienne, ne risque d’en gâcher l’expression légitime.»
En conclusion, les évêques espèrent que cette importante rencontre puisse être un moment privilégié, tant pour les dirigeants des gouvernements des Etats américains que pour les populations des pays concernés, de réfléchir aux enjeux et défis que pose l’ouverture des marchés, de s’interroger sur le type de sociétés à développer et de mettre la parole en actes afin que les plus démunis et les plus faibles aient droit à de meilleures conditions de vie. «Que ce troisième Sommet des Amériques, vécu ici à Québec, contribue à construire un monde meilleur avec nos sœurs et nos frères des Amériques», conclut le Conseil permanent de l’épiscopat canadien. (apic/cccb/be)



