Canada: La Fédération luthérienne mondiale dénonce l’illégitimité de la dette internationale

Un «instrument de domination» des pays pauvres

Winnipeg, 5 août 2003 (Apic) La Fédération luthérienne mondiale (FLM), qui a réuni durant une douzaine de jours quelque 800 délégués à Winnipeg, au Canada, a dénoncé l’illégitimité de la dette internationale, qu’elle qualifie d’»instrument de domination» des pays pauvres.

Les luthériens, venus du monde entier, ont conclu la semaine dernière leur dixième Assemblée par un message qui compare la dette internationale à un instrument de domination. Le message de la FLM déplore aussi «les barrières systémiques», qui excluent des personnes et des communautés en raison du sexe, de la race, de la nationalité, de l’age, des orientations sexuelles, de l’état de santé physique ou mentale, rapporte l’agence de presse oecuménique ENI basée à Genève.

L’Assemblée de la FLM, à laquelle assistaient 800 participants et visiteurs de plus de 70 pays, s’est terminée jeudi 31 août. Son ouverture, le 21 juillet, a été ternie par l’absence de plus de 50 participants de pays en développement, qui se sont vu refuser leur visa par le gouvernement canadien, déplore la FLM. Les délégués ont pratiquement été unanimes à condamner le refus des autorités canadiennes et ils ont organisé une manifestation silencieuse non loin du bureau du Département de l’immigration à Winnipeg, où se tenait l’Assemblée.

La question de l’homosexualité divise les luthériens

La question de l’homosexualité a risqué de diviser l’Assemblée, et le message final se référant à cette question diffère du texte original proposé par certains délégués. Les participants ont travaillé tard le mercredi 30 juillet pour rédiger le message. Certains délégués ont confié que des participants africains avaient menacé de quitter si le terme homosexuel était inclus dans le texte, et une certaine réticence a aussi été exprimée par des délégués de l’Europe orientale.

Les Assemblées de la FLM ont lieu tous les six ans et se terminent par un message considéré comme la définition des lignes directrices à suivre pour les activités futures. Le message de l’Assemblée à Winnipeg souligne que la dette internationale des pays en développement est devenue «un instrument de domination», reprenant ainsi une précédente déclaration qui soulignait que la dette était «la responsabilité des créanciers et devrait être supprimée».

La partie du message qui a provoqué le plus vif débat se rapportait aux barrières qui empêchent les personnes et les communautés «d’avoir pleinement part à la vie que Dieu destine à toutes et à tous», à cause «des différences entre les sexes, les races, les appartenances ethniques, les conditions sociales, les nationalités, les castes, les orientations sexuelles, les catégories d’age, ou sur l’état de santé physique ou mentale».

Dimension oecuménique

Certains délégués avaient demandé auparavant que le message souligne que «dans un grand nombre de nos sociétés, il est considéré comme tabou de discuter même de l’homosexualité, alors même que les relations entre personnes du même sexe existent. Les personnes homosexuelles ne devraient pas être victimes de discrimination.»

Le caractère oecuménique de l’Assemblée a été mis en évidence tout au long de la réunion, dont la célébration eucharistique d’ouverture a eu lieu dans la cathédrale catholique Saint-Boniface, en présence du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et principal conseiller du pape Jean Paul II pour les questions oecuméniques. Les services du matin et d’autres célébrations ont eu lieu dans des églises catholiques de Winnipeg en raison du manque d’églises luthériennes dans la ville.

Un message tous azimuts

Le message appelle, entre autres: à lutter contre le VIH/SIDA; la violence et la pauvreté; à dialoguer sur les questions relatives au mariage, à la famille et à la sexualité humaine, «d’une manière qui réponde aux besoins de chacune des Eglises membres»; et «à plaider en faveur des droits et de la dignité des personnes sans distinction de sexe ou d’orientation sexuelle»; à participer pleinement à la Décennie «vaincre la violence»; et à lutter contre la violence dans les familles, à l’encontre des femmes et des enfants; à s’opposer au militarisme croissant et à la prolifération des armements; à plaider contre la violence dans les médias et à s’élever activement contre toute expression du fondamentalisme religieux; à participer à la transformation de la mondialisation économique par le «développement d’une économie qui favorise la vie»; à oeuvrer contre les changements climatiques et l’effet de serre, en décidant de diminuer la consommation de combustible fossile et d’utiliser des source d’énergie renouvelables; et à sensibiliser les communautés membres à l’étude de la théologie de la création.

La FLM agit au nom de ses Eglises membres dans des domaines tels que les relations oecuméniques et interreligieuses, la théologie, l’aide humanitaire, les droits de la personne, la communication, la mission et le développement. Son secrétariat se trouve à Genève. (apic/eni/be)

5 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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