Sondage en marge des JMJ
Canada: Les catholiques pas toujours d’accord avec les enseignements de l’Eglise
Vancouver, 29 juillet 2002 (APIC) Un sondage réalisé peu avant l’arrivée du pape Jean Paul II au Canada le 23 juillet pour les Journées mondiales de la jeunesse à Toronto révèle qu’une majorité de catholiques canadiens sont en désaccord avec plusieurs des principes fondamentaux de leur Eglise.
D’après ce sondage, commandé par le journal de Toronto «National Post», 82% des personnes interrogées estiment que les prêtres devraient être autorisés à se marier; et 80% que les femmes devraient pouvoir accéder à la prêtrise. Presque autant – 70 % – disent que les personnes divorcées devraient être libres de se remarier, et 70% souhaite que l’Eglise n’interdise plus la contraception.
Les auteurs du sondage ont contacté 451 personnes qui étaient soient nées dans la foi catholiques soit converties: 48% ont répondu être des catholiques «croyants»; 39% ont dit avoir «cessé de pratiquer»; et 10% ont reconnu ne plus être catholiques. Les résultats du sondage sont considérés comme précis avec une marge d’erreur de 4,5%.
Un Canadien sur deux
Le professeur Reginald Bibby, de l’Université de Lethbridge, expert reconnu sur les tendances religieuses au Canada, a déclaré à l’Agence oecuménique ENI que les résultats du sondage concordaient en général avec ses propres conclusions. Le professeur Bibby avait résumé ses observations dans l’un des grands journaux du Canada, «The Globe and Mail», le 23 juillet:
«Alors qu’à peu près un Canadien sur deux se considère comme catholique romain, une majorité d’entre eux ont des réponses à la carte, révélées déjà par la baisse de la fréquentation des églises, l’adoption sélective de croyances, de pratiques et de valeurs, et la tendance à ne pas tenir compte de l’enseignement de l’Eglise en matière de sexualité – relations sexuelles hors mariage, contrôle des naissances, avortement et homosexualité».
«Ce que nous découvrons est que la majorité des catholiques en général ne suivent pas les enseignements de l’Eglise catholique. Mais il existe des différences importantes entre ceux qui sont activement engagés dans l’Eglise et ceux qui ne le sont pas».
Pas surprenant
Pour certaines questions, comme l’avortement, si la vie de la mère est en danger, «même la majorité des catholiques pratiquants rompraient avec l’enseignement de l’Eglise catholique».
Mgr Peter Schonenbach, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Canada, a estimé que le sondage était juste et que les résultats n’étaient pas surprenants, étant donné la force des influences laïques partout. «Ce n’est qu’un sondage, un instantané, comme le sont les sondages. Ils nous donnent matière à réflexion – et j’espère que cela montrera aux évêques qu’il y a encore beaucoup à faire.»
Deux conclusions sont particulièrement intéressantes, a commenté Mgr Schonenbach: 39% des catholiques ayant cessé de pratiquer «gardent leurs pieds dans l’embrasure de la porte, et les personnes interrogées vont se confesser deux fois par an, ce que font souvent beaucoup de catholiques «sur lesquels on peut compter».
Réformes demandées
Pour Tobias Raschke, porte-parole du mouvement «Nous sommes aussi l’Eglise des jeunes», lié à au mouvement catholique mondial «Nous somems l’Eglise», réclamant des réformes, «le sondage montre clairement que les catholiques canadiens ne sont pas satisfaits de la politique fondamentaliste actuelle de la hiérarchie romaine. Si l’Eglise veut être adaptée dans l’avenir, elle doit se mettre à l’écoute des gens vrais que sont les jeunes».
Le sondage «montre clairement que nous (le mouvement de réforme) représentons la majorité des catholiques engagés. La demande de réformes depuis le Concile Vatican II ne peut être stoppée en dépit de tous les efforts de la Curie romaine et des groupes conservateurs au sein de l’Eglise». (apic/eni/pr)




