Témoignage du P. Rosica, organisateur des JMJ de juillet 2002

Canada: Les coulisses des JMJ de Toronto

Toronto, 25 septembre 2002 (APIC) Le rideau sur les Journées mondiales de la jeunesse au Canada est tombé. Deux mois après l’événement, que reste-t- il de ces JMJ? Le bilan, sous forme de réflexion, du Père Thomas Rosica, directeur national des Journées Mondiales de la Jeunesse de juillet dernier à Toronto. Sans avancer de chiffres, il rappelle par ailleurs que les JMJ se sont soldées par un déficit. Et que son organisation a encore besoin de dons pour le couvrir. Témoignage.

Père Rosica: «Depuis la fin des JMJ le Bureau National de Toronto est inondé de lettres, de messages, d’appels, d’e-mails de tous les coins du monde, et du Canada. Nombre de messages reçus commencent par: «Cher Père Rosica, je ne suis pas catholique mais je vous écris pour vous dire l’impact que les JMJ ont eu sur moi, ma famille, mes amis, mes collègues.» Des milliers de personnes ont été profondément touchées par les stations du chemin de croix en plein coeur de Toronto, le vendredi soir 26 juillet. Au Canada et surtout à Toronto, les gens ont eu la possibilité d’accueillir des jeunes pèlerins chez eux. Nous n’avons entendu que des paroles de reconnaissance. Une femme âgée du diocèse de Peterborough écrit: «Mes petits-enfants ne viennent plus me voir mais pendant les JMJ j’ai accueilli six jeunes chez moi. Ils m’ont rajeunie. Je les aimais et j’ai pleuré quand ils sont partis».

Un chauffeur des transports publics de Toronto nous a raconté qu’il était en vacances la semaine du 23 juillet, à Toronto, mais qu’il a insisté pour aller travailler tous les jours «juste pour s’imprégner de l’esprit qui régnait sur le TTC» (réseau des transports publics de Toronto, ndlr). «Père Thomas, faites revenir ces jeunes avec leurs chansons, leur musique, leur joie contagieuse. Ils ont été une bénédiction pour nous tous».

Un agent de la police fédérale affecté au projet des JMJ ces deux dernières années me raconte par lettre: «De nombreux agents qui ont travaillé aux JMJ 2002 m’ont dit que c’était le moment le plus marquant de leur carrière d’avoir collaboré à cet événement et dans beaucoup de cas, d’avoir rencontré le pape Jean Paul II. Ils étaient très fiers, tout comme moi, lorsque le pape a mentionné le travail de la police dans son homélie de la messe de dimanche.Sur le plan personnel, en tant que protestant, je me suis engagé pendant l’année consacrée à la préparation de cet événement, à étudier l’histoire et la signification de l’Eglise catholique.

Les JMJ 2002 ont eu un impact bien au-delà de la communauté catholique du Canada et ont touché les coeurs de millions de personnes. La nature multicuturelle, multireligieuse et oecuménique de Toronto a été particulièrement évidente pendant les JMJ. Le Congrès musulman a ouvertement soutenu l’événement et les mosquées de la ville ont envoyé de nombreux volontaires. Plusieurs pèlerins ont été accueillis dans des familles juives. Des personnes d’autres croyances ont travaillé comme volontaires ou ont hébergé des pèlerins. Les Mormons ont envoyé une délégation importante de volontaires pour aider à distribuer les repas et ont donné une tonne de fleurs fraîches pour décorer tous les endroits où devait passer le pape.

Q.: Quels sont maintenant les défis pour l’Eglise du Canada?

Père Rosica: Le flambeau est passé à l’Eglise du Canada, spécialement aux évêques et aux pasteurs de l’Eglise. C’est maintenant à nous de saisir l’élan qui a été donné. Les JMJ 2002 ont montré la route qui se déroule devant nous: nous touchons à peine la surface de ce que peut être la pastorale de la jeunesse. Les jeunes Canadiens qui ont participé aux JMJ ne représentent que le début de cette pastorale. Il y a des centaines de milliers de jeunes qui attendent d’être accueillis dans la vie de l’Eglise et de trouver une place crédible et visible.

La chose la plus ironique dans cette histoire incroyable est le fait que le catalyseur de toute l’aventure des JMJ est un vieil homme, un guerrier, un combattant, un berger et un leader courageux qui est venu au Canada pour nous aider à redécouvrir notre propre jeunesse, notre espérance et notre joie. Sa présence au milieu de nous a déclenché des torrents de larmes, a touché des centaines de milliers de coeurs et de vies qui sont changés pour toujours. Je ne pourrai jamais plus me rendre sur l’Exhibition Place sans entendre les chants, les rires et sans voir la foule et les drapeaux. Je ne pourrai jamais plus marcher dans la University Avenue sans penser aux milliers de personnes qui assistaient au chemin de croix. Tout cela parce qu’un vieil homme a descendu avec peine la passerelle d’un avion à Toronto le 23 juillet 2002 et lancé les JMJ 2002. (apic/zn/pr)

25 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!