Eglise anglicane: baisse de 53% en 40 ans
Canada: Les Eglises confrontées à une forte baisse de leurs membres
Vancouver, 12 décembre (Apic) Les Eglises canadiennes enregistrent une baisse si forte du nombre de leurs membres que certaines d’entre elles pourraient disparaître si la tendance se poursuivait. C’est du moins le constat dressé dans un rapport présenté à la Chambre des évêques de l’Eglise anglicane.
Keith McKerracher, un expert en marketing aujourd’hui à la retraite et consultant auprès de l’Eglise anglicane, a publié les données qui révèlent qu’entre 1961 et 2001, le nombre des anglicans est passé de 1,36 million à 642’000, soit une baisse de 53%. Selon lui, l’Eglise anglicane perd 13’000 membres chaque année (soit 2% de ses membres actuels). Avec un rythme qui s’accélère ces dernières années, «elle risque de disparaître au milieu du siècle». McKerracher estime que l’Eglise est face à une crise grave, et qu’elle ne peut continuer comme si de rien n’était, critiquant l’excès de bureaucratie dans l’Eglise et une certaine culture d’inefficacité.
L’archevêque Andrew Hutchison a reconnu que ce rapport était un signal d’alarme, mais il a dit son espoir que l’insistance nouvelle de son Eglise sur la justice sociale et la collaboration oecuménique allait retourner la tendance.
Keith McKerracher a encore indiqué que le nombre des membres de l’Eglise unie du Canada est passé durant la même période de 1,04 million à 638’000 – enregistrant une perte de 39%. Et également durant la même période, l’Eglise presbytérienne au Canada a perdu 35% de ses membres; l’Eglise baptiste 7%; et l’Eglise luthérienne 4%. Il a précisé que les chiffres des catholiques romains n’étaient pas disponibles. Notons qu’une telle tendance est visible également aux Etats-Unis.
Le recul des religions institutionnalisées
Le pasteur Harry Oussoren, responsable du département de soutien de l’Eglise unie aux ministères locaux, a expliqué à l’agence oecuménique ENI qu’»en général, non seulement au Canada, mais dans le monde occidental en général, nous constatons une tendance selon laquelle la religion institutionnalisée n’est pas essentielle à la vie des gens comme l’est la religion individualisée».
Un groupe de consultants sur la tolérance religieuse affirme sur son site internet http://www.religioustolerance.org/can_rel.htm que «les petits groupes religieux non chrétiens se développent en nombre et en popularité; et que le pourcentage des athées, des agnostiques, des humanistes, des partisans de la laïcité, et des personnes sans appartenance religieuse augmente rapidement. De nombreux Canadiens s’identifient comme adhérents d’une religion spécifique, d’un groupe religieux ou d’une confession, mais n’assistent plus aux services.»
D’autres estiment que le déclin du taux de naissances parmi les communautés traditionnelles anglicanes – les Anglo-Américains et les Anglo-Canadiens blancs – est l’une des causes principales de la baisse du nombre des membres. Le pasteur Oussoren a souligné que la tendance à la baisse du soutien pour les institutions est aussi marquée parmi les groupes religieux plus traditionnels ou conservateurs. «Par exemple, a-t-il précisé, lors du recensement de 2001, les témoins de Jéhovah enregistraient une perte de 8,1%: les mennonites 7,9%; et les pentecôtistes, 15,3%. (apic/eni/be)




