Exposés aux risques de la mondialisation accélérée du marché

Canada: Les Eglises s’engagent en faveur de la protection des droits des migrants

Ottawa, 31 août 2000 (APIC) Face à la mondialisation accélérée du marché qui risque de fragiliser la position des travailleurs, les Eglises canadiennes s’engagent en faveur de la protection des droits des migrants. Elles font campagne ensemble pour la ratification par le Canada de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles.

Ce document, qui doit être signé et ratifié par les gouvernements, a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 1990. Jusqu’à présent, rappelle Mgr James Weisgerber, président de la Commission des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada, le Canada s’est abstenu de signer et de ratifier cet instrument international. Pour l’archevêque de Winnipeg, il offrirait aux quelque 75 à 80 millions de travailleurs migrants dispersés à travers le monde une protection dont ils ont grand besoin.

Mgr James Weisgerber a fait parvenir une lettre ministre canadien des Affaires étrangères et du Commerce international Lloyd Axworthy. «Nous nous associons à plusieurs coalitions œcuméniques, telles le Comité inter-Eglises sur les réfugiés, le Groupe de travail Canada-Asie et l’Initiative œcuménique canadienne pour le Jubilé, pour vous demander de considérer avec la plus grande attention les conséquences positives que pourrait avoir la ratification par le Canada de cet instrument international», écrit-il au nom de la Conférence épiscopale canadienne.

Nouveau défi: les «réfugiés environnementaux»

«La mondialisation accélérée du marché appelle une réglementation, sinon il pourrait être facile de négliger les valeurs humaines. L’histoire récente montre que c’est tout particulièrement le cas pour les migrants, souvent contraints de travailler dans les pires conditions prévalant dans le pays où ils arrivent», insiste l’archevêêque de Winnipeg. Il s’inquiète également d’un nouveau défi, celui des «réfugiés environnementaux», qui fuient un environnement devenu hostile et insupportable. Selon les définitions utilisées, on pourrait dénombrer plus de personnes déplacées par des crises environnementales, des cataclysmes naturels ou d’origine humaine qu’il n’y a de réfugiés pour cause de tensions politiques et civiles.

Le droit à pouvoir vivre dans son pays d’origine

Si l’Eglise défend le droit humain à l’émigration, elle n’encourage pas sa pratique, rappelle le document des évêques canadiens. Intervenant en 1990 en faveur du projet de Convention, le représentant du Saint-Siège près des Nations unies faisait remarquer qu’»il ne semblerait pas moins important d’insister sur le droit de ne pas émigrer, sur le droit d’avoir un accès égal à des conditions de vie décente et sur le droit de pouvoir élever sa famille avec dignité dans son pays d’origine.»

Il n’en reste pas moins «d’une importance cruciale, sur le plan moral, soial et économique» pour les évêques canadiens, de défendre et de renforcer les droits des personnes qui se trouvent engagées dans le processus migratoire. Pour ce faire, ils réclament la ratification de la Convention internationale sur les droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles. «Elle améliore certaines des protections existantes et mérite assurément l’appui résolu du Canada.» (apic/cccb/be)

31 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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