Le Ministre canadien des Affaires étrangères interpellé
Canada: Les évêques catholiques du Canada dénoncent le génocide contre le peuple irakien
Ottawa, 27 août 2000 (APIC) A l’occasion du dixième anniversaire de l’imposition des sanctions de l’ONU contre l’Irak, les évêques catholiques du Canada dénoncent le véritable «génocide» perpétré contre le peuple irakien. Dans une lettre adressée à Lloyd Axworthy, Ministre canadien des Affaires étrangères et du Commerce international, Mgr James Weisgerber, président de la Commission des Affaires sociales de la Conférence épiscopale canadienne (CECC), exige que le Canada mette fin aux sanctions économiques.
Mgr James Weisgerber, archevêque de Winnipeg, veut ajouter la voix des évêques du Canada «à la clameur grandissante de l’opinion publique canadienne, qui exige qu’on mette fin immédiatement à l’horrible embargo économique qui frappe le segment le plus vulnérable de la population irakienne.»
Violation des Conventions de Genève: l’embargo de l’ONU tue 5’000 enfants par mois
«Une action internationale ferme et coordonnée a certes sa place dans la défense des droits humains pour prévenir l’agression entre Etats, mais les Conventions de Genève interdisent spécifiquement de prendre des innocents pour cible d’une stratégie de guerre. Au départ, les sanctions avaient pour objectif avoué de contraindre l’Irak à évacuer le Koweït. Rappelons que cet objectif a été atteint en mars 1991», écrit le président de la Commission épiscopale des affaires sociales.
Un ancien coordonnateur de la mission des Nations unies en Irak affirme aujourd’hui que l’embargo parrainé par l’ONU contribue à un génocide causant chaque mois la mort de 4’000 à 5’000 enfants, souligne l’archevêque de Winnipeg. Plusieurs délégations canadiennes et des porte-parole des Eglises locales ont interpellé la CECC et ont parlé des «souffrances incroyables et inutiles causées par cette politique: les systèmes d’éducation et de santé sont en ruine, un enfant sur quatre souffre de malnutrition chronique, et la première cause de maladie et de mortalité vient de ce qu’à la suite de la campagne massive de bombardements et à cause de l’actuelle pénurie en ressources pour réparer et entretenir les infrastructures, seulement 41% de la population peut compter avoir accès à de l’eau potable.»
Pas question de «défendre les actions pernicieuses des autorités irakiennes»
Certes, les évêques canadiens ne veulent «aucunement défendre les actions pernicieuses des autorités irakiennes, qui doivent porter la responsabilité de gestes qui ont causé la perte de leur peuple», mais ils croient que le temps est venu depuis longtemps de mettre un terme à cet embargo économique accablant. Ils demandent au Ministre canadien des Affaires étrangères «d’intervenir avec fermeté pour que s’arrêtent les bombardements qui se poursuivent, à l’instigation des Etats-Unis, dans le nord et le sud de l’Irak, et de s’engager à trouver une solution au problème des tonnes de déchets d’uranium appauvri, abandonnées par les armées de l’alliance à la fin des hostilités.» L’épiscopat canadien estime «primordial que le Canada fasse preuve de leadership dans cet urgent dossier international en éliminant cet embargo aux conséquences désastreuses.» (apic/cecc/be)



