Contre le financement de la recherche sur les cellules souches

Canada: Les évêques protestent auprès du Ministère de la santé

Ottawa, 10 mars 2002 (APIC) La Conférence épiscopale du Canada a écrit le 7 mars à la Ministre de la Santé Anne McLellan pour exprimer sa «profonde déception». Motif: un récent rapport des Instituts de recherche sur les cellules souches (IRSC) permet l’utilisation de fonds publics pour financer la recherche sur les embryons générés en trop lors de traitements de l’infertilité.

La lettre est signée de Mgr Jacques Berthelet, évêque de Saint-Jean- Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CCEE). Avec l’Organisme catholique pour la vie et la famille, les évêques canadiens estiment que «les embryons humains sont des êtres humains possédant leur dignité». Ils doivent donc être «respectés comme des sujets humains et non pas considérés comme des objets de recherche».

Cette position est partagée selon les évêques par «nombre d’opinions en provenance du monde scientifique et de l’éthique». La CCEE souligne que «les promesses que comportent des thérapies à partir des cellules souches embryonnaires dans la guérison des maladies dégénératives, ne peuvent d’aucune façon supplanter le fait, qu’en cours de procédé, un embryon humain meurt».

La lettre met en évidence la nécessité d’une consultation nationale sur ce sujet. «Le Rapport de l’IRSC donne l’impression que le processus législatif a été court-circuité et que les points de vue des Canadiennes et des Canadiens ont été écartés», déplore la CCEE. Les évêques insistent ensuite sur le statut moral de l’embryon. Même l’IRSC, dans son rapport, «reconnaît que «de nombreux participants au processus de consultation estiment que l’embryon jouit d’un plein statut moral et d’un droit inaliénable à la vie dès sa conception».

Au vu de ces «graves préoccupations éthiques», les évêque canadiens estiment qu’une «décision d’une telle portée morale, qui transforme l’éthique de notre société et qui engage les fonds publics, ne doit pas être prise par un organisme qui ne relève pas directement du peuple canadien. Le Parlement demeure la meilleure tribune pour discuter de ces questions. Celles-ci doivent d’abord être ouvertement et pleinement débattues par le peuple canadien et le statut de l’embryon humain doit faire l’objet d’une analyse exhaustive».

La lettre demande en conclusion à la Ministre de la Santé d’imposer un moratoire sur toute recherche sur les cellules souches embryonnaires, en attendant la législation du Gouvernement du Canada. (apic/com/bb)

10 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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