Canada: Non au boycott des entreprises présentes dans les territoires occupés
En lieu et place, des «investissements éthiques» en Terre Sainte
Thunder Bay, 25 août 2006 (Apic) L’Eglise unie du Canada (EUC) a abandonné une proposition demandant le retrait des investissements dans les entreprises qui participent à l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Elle a décidé en lieu et place de soutenir les entreprises «responsables d’un point de vue éthique» en Terre Sainte.
Le 39e Conseil général de l’EUC, le principal organisme de direction de l’Eglise, a adopté en Ontario une résolution appelant à une «stratégie d’investissement dans des compagnies responsables du point de vue éthique» en Israël et dans les territoires palestiniens.
L’assemblée avait retiré une résolution appelant à «un retrait sélectif et progressif des investissements» de la part des entreprises canadiennes ou internationales impliquées dans l’occupation des territoires palestiniens par Israël, après avoir écouté les déclarations de deux rabbins. Le rabbin Edward Elkin, de la First Narayever Congregation, à Toronto, a déclaré que la proposition de départ «représentait un sérieux problème pour nos relations avec l’Eglise unie du Canada». A son avis, la motion ne présente «qu’un seul aspect du conflit israélo-palestinien».
Toutefois, le rabbin Jeremy Milgrom, originaire des Etats-Unis mais qui vit en Israël depuis 1968 et a travaillé en tant qu’activiste pour la paix dans la région, a affirmé que le mouvement de retrait des investissements n’était pas une mesure contre Israël. «Ce sont l’occupation et les moyens utilisés pour les violations des droits de la personne qui sont en question», a-t-il déclaré. Selon le Rabbin Milgrom, l’Eglise unie du Canada avait la possibilité de prendre «une position claire, une position ferme sur l’occupation».
Le Congrès juif canadien opposé au boycott
Dans un communiqué adressé au conseil général, le Congrès juif canadien s’est plaint que les auteurs de la proposition tenaient injustement Israël «pour unique responsable du conflit israélo-palestinien». Le communiqué soutenait que «le retrait des investissements, dans sa malencontreuse tentative pour sanctionner Israël, est injuste, basé sur des notions erronées et contre-productif par rapport à l’objectif de paix que nous cherchons tous à atteindre».
La résolution adoptée par le Conseil général appelle l’EUC à contribuer à la réalisation d’une paix juste dans la région en réalisant des investissements financiers uniquement dans un but pacifique. Les activités non pacifiques comprennent, pour les entreprises canadiennes et internationales, le fait de fournir des produits, des services ou de la technologie à tout gouvernement ou organisation qui refuse de reconnaître les droits légitimes de l’Etat d’Israël, ou qui maintient ou soutient l’occupation de territoires palestiniens par Israël.
L’EUC va également s’abstenir d’investir dans des entreprises qui apportent leur soutien financier ou leur assistance à la construction ou au maintien d’un mur de séparation par Israël en territoires occupés. (apic/eni/be)



