L’Armée de Marie: plus considérée comme association catholique
Canada: Note doctrinale des évêques canadiens sur l’Armée de Marie
Ottawa, 16 août 2001 (APIC) La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a rendu publique mercredi, jour de l’Assomption de la Vierge Marie, une «note doctrinale concernant l’Armée de Marie» avec l’approbation du Saint-Siège. Ce mouvement de piété mariale qui divise les fidèles a fait réagir l’Eglise en raison de «certains enseignements litigieux». Le mouvement, d’abord implanté au Québec, puis en Italie, en Hollande, et en Autriche, ne peut plus se considérer comme une association catholique.
Une certaine confusion autour de ce mouvement existe depuis que l’ancien archevêque de Québec, le cardinal Louis-Albert Vachon, prédécesseur de Mgr Maurice Couture, l’actuel archevêque, a révoqué le décret reconnaissant l’Armée de Marie comme association. La note doctrinale indique que les activités et les enseignements de l’Armée de Marie «comportent des dangers réels pour l’Eglise catholique au Canada et pour la foi de ses membres.»
En raison de ces faits et de la menace continue de division pesant sur l’intégrité et l’unité de la foi catholique au Canada, les évêques canadiens déclarent dans leur note doctrinale et informent tous les fidèles de l’Eglise catholique au pays, que l»’Armée de Marie, même si celle-ci soutient le contraire, ne peut pas être considérée comme une association catholique.»
«Réincarnation» de la Vierge
La note doctrinale, qui est une mise au point de l’enseignement dogmatique, statue que certains des enseignements que l’Armée de Marie propage à propos de la Rédemption, de la Vierge Marie et de sa «réincarnation» s’écartent fondamentalement de l’enseignement et de la profession de foi de l’Eglise catholique. Pour les évêques canadiens, la dévotion mariale du mouvement dissident dissimule de nombreux éléments qui sont tout à fait contraires à l’enseignement de l’Eglise, particulièrement en ce qui a trait à la place de Marie dans le plan salvifique de Dieu et son rôle unique et irremplaçable dans l’histoire du salut. «Ces éléments, de même que d’autres points doctrinaux professés par l’Armée de Marie, déforment gravement les enseignements de l’Eglise.»
La supposée révélation privée sur laquelle l’Armée de Marie fonde sa seule prétention à la légitimité introduit effectivement des doctrines nouvelles et erronées au sujet de la Vierge Marie et de son rôle dans l’histoire du salut. Elle va au-delà de la Révélation définitive du Christ. «L’Armée de Marie veut faire croire à ses membres, par exemple, que leur ’Immaculée’ est co-éternelle avec la Trinité divine et que, bien qu’elle fût la mère historique de Jésus, elle est maintenant ’réincarnée’ et habite dans la personne même de la dépositaire de ces révélations privées. C’est à cause de tels efforts fallacieux en vue d’ajouter à l’essence même de la foi que la reconnaissance d’association catholique a été retirée à l’Armée de Marie.»
L’enseignement de l’Eglise catholique sur les révélations privées
Etant donné que les convictions et la spiritualité de l’Armée de Marie découlent et s’inspirent d’une série de supposées révélations privées, il apparaît important aux yeux des évêques canadiens d’apporter des précisions sur cette question fondamentale. L’Eglise catholique a toujours admis la possibilité de révélations privées, à la faveur de visions et d’expériences auditives. «En fait, la tradition et la pratique de l’Eglise, dans plusieurs de ses dévotions, ses prophètes et mystiques reconnus, tels que saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila, présupposent l’existence de révélations privées authentiques. Dieu peut se manifester à n’importe qui, non seulement par ses œuvres mais aussi par sa parole personnelle et libre. Nous reconnaissons que l’Esprit Saint peut agir dans l’Eglise par l’intermédiaire de n’importe lequel de ses membres», éécrit la Conférence des évêques catholiques du Canada.
«Il n’y a plus à attendre de nouvelle révélation publique»
«Malgré tout, poursuit le document, bien que des révélations privées aient effectivement eu lieu dans l’histoire de l’Eglise, celles-ci ne doivent pas être perçues comme une source de nouvelles vérités doctrinales qui viendraient compléter la Révélation publique définitive de Dieu. La mort du dernier Apôtre a marqué la fin de l’acte de Révélation publique, donnant à l’événement christique sa suprématie absolue et son caractère normatif permanent: Il n’y a plus à attendre de nouvelle révélation publique avant la manifestation glorieuse de Notre Seigneur Jésus Christ. C’est ce qui explique qu’il faille évaluer et juger l’authenticité de toute révélation privée ultérieure par rapport à la Révélation publique définitive de Dieu qui seule constitue la foi du Peuple de Dieu.»
Les révélations privées ne divulguent aucune nouvelle doctrine ou vérité, comme l’Armée de Marie le prétend, oulignent encore les évêques canadiens. Les supposées révélations privées sur lesquelles l’Armée de Marie fonde ses enseignements ne font pas qu’inviter les catholiques à suivre plus fidèlement l’Evangile. Pour les évêques canadiens, «elles renferment des éléments fallacieux qui vont à l’encontre des textes sacrés et de la Tradition.»
(apic/ccec/be)



