Guerre des mots et menace de rupture

Canada: Un diocèse anglican autorise la bénédiction de couples homosexuels

Vancouver, 30 juin 2002 (APIC) Une «guerre des mots» qui menace de diviser la Communion anglicane dans le monde, a éclaté après la décision d’un diocèse anglican du Canada occidental d’autoriser la bénédiction de couples homosexuels.

Le diocèse anglican de New Westminster, dans la province de la Colombie- Britannique, a approuvé par 215 voix contre 129 la bénédiction des couples de lesbiennes et d’homosexuels.

Les responsables de huit paroisses conservatrices ont quitté la réunion du synode pour protester contre la décision, et annoncé qu’ils allaient annuler leurs engagements financiers envers le diocèse et reprendre les biens de l’Eglise qui représentent des millions de dollars, en cas de sécession.

La décision a également été condamnée par treize évêques anglicans canadiens. Pour leur part, l’archevêque de Cantorbéry, George Carey, et le primat de l’Eglise anglicane du Canada, l’archevêque Michael Peers, sont intervenus dans la controverse avec des lettres plaidant pour l’unité mais exposant les différences au sein de l’Eglise.

Les primats du Kenya, d’Afrique centrale, de l’Inde du Sud, de l’Asie du Sud-Est, et des Antilles, ainsi que les archevêques (à la retraite) de Sydney et du Cône sud, en Amérique du Sud, ont de leurs côtés averti qu’un vote positif «serait vu non seulement comme un grave affront mais entraînerait aussi des délibérations sur une rupture de la communion» avec leurs diocèses.

Quant à l’archevêque de Cantorbéry, qui regrette la décision du groupe de quitter le synode, il se dit préoccupé par «les déclarations de ceux qui semblent déterminés à se tourner ailleurs pour obtenir une direction épiscopale». Il a réitère son soutien à la résolution adoptée en 1998 par les évêques anglicans à la Conférence de Lambeth, en soulignant: «je n’accepte pas que les relations homosexuelles soient traitées sur le même plan que l’idéal homme-femme décrit dans les Saintes Ecritures».

La décision de Lambeth

La Conférence de Lambeth avait affirmé qu’elle ne «pouvait conseiller la légitimation ou la bénédiction d’unions entre personnes du même sexe ni l’ordination de ceux qui sont engagés dans de telles unions» et déclaré que «la pratique homosexuelle» était «incompatible avec l’Ecriture».

En attendant, les paroisses qui protestent, et qui ont décidé de s’appeler «la Communion anglicane de New Westminster» ont demandé à l’archevêque de Cantorbéry de nommer un «évêque itinérant». (apic/eni/pr)

30 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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