Les gays sont satisfaits, pas les milieux chrétiens
Canada: Un tribunal de l’Ontario juge qu’un enfant peut avoir un père et deux mères
Toronto, 4 janvier 2007 (Apic) La décision rendue mardi par la Cour d’appel de l’Ontario à Toronto – qui a jugé qu’un enfant peut avoir légalement un père et deux mères – a certes réjoui gays et lesbiennes, mais fâché divers milieux chrétiens.
Cette «première» au Canada concerne un couple de lesbiennes qui élèvent «leur» garçon de cinq ans avec la participation continue du père biologique. C’est en 1999 que le couple avait demandé à l’homme de les aider à fonder une famille, et l’enfant né en 2001 appelle les deux femmes qui s’en occupent «maman».
Militant pour l’égalité et la justice «pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transidentifiées», l’organisation «Egale Canada» (www.egale.ca) estime que cette reconnaissance juridique ne fait que refléter la réalité. Elle tient compte des couples canadiens qui ont conçu et qui élèvent des enfants avec la participation d’une autre personne.
L’Alliance évangélique du Canada estime que cette décision ouvre la voie à la possibilité qu’un enfant se retrouve avec de multiples parents. Pour l’organisation religieuse, un enfant pourrait avoir jusqu’à cinq, voire six «parents», ce qui créerait des situations ingérables en cas de conflits. Des mouvements en faveur du mariage et des groupes catholiques ont réclamé une étude sur le sujet au gouvernement fédéral.
Directrice de l’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) – fondé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et le Conseil suprême des Chevaliers de Colomb – Michèle Boulva estime en effet qu’il faut étudier l’impact sur les enfants des décisions concernant la redéfinition de la notion de mariage et de famille. L’OCVF fait campagne pour le rétablissement de la définition traditionnelle du mariage, mis en cause notamment par l’introduction du mariage entre conjoint de même sexe.
Michèle Boulva souhaite également une politique familiale globale qui donne la priorité aux droits et aux besoins des enfants face aux désirs des adultes, «car les enfants sont notre avenir». A ses yeux, le gouvernement canadien ne peut laisser aux tribunaux le soin de définir des telles matières.
Les avocats des deux femmes considèrent par contre que ce jugement est crucial pour les mères lesbiennes, car il protège le garçon qui pourra dorénavant jouir de la protection légale de la deuxième mère en cas de décès de la mère biologique. (apic/cecc/cns/be)



