50 ans d’ordination presbytérale et des témoignages émouvants

Canton du Jura: Fraternité Jura Monde rencontre les missionnaires en congé

Delémont, 24 juin 2008 (Apic) La Fraternité Jura Monde soutient les missionnaires et les rencontre chaque année lors d’une fête. Cette année, le Père blanc René Brossard est à l’honneur à l’occasion de ses 50 ans d’ordination presbytérale.

«Dans le Jura, on aime les missionnaires et on les aide !» L’exclamation est du Père blanc René Brossard, qui fête ses 50 ans d’ordination presbytérale. Il participait samedi 21 juin à la rencontre organisée chaque année à pareille époque par Fraternité Jura Monde avec les missionnaires en congé. Il revient en vacances en Suisse tous les trois ans, il repartira à la fin du mois d’août en Ouganda où il oeuvre depuis 42 ans. «Il s’agit d’être plutôt que de faire, à notre âge», dira-t-il, semblant minimiser son travail de traduction de livres liturgiques.

Ces rencontres sont l’occasion d’évoquer les misères de ces pays, la pollution dans les grandes villes comme Kampala où s’opposent les extrêmes de la richesse et de la pauvreté. Sans le Programme alimentaire mondial (PAM), ce serait la grande famine dans les populations rurales lorsque la pluie ne tombe pas au bon moment. Ailleurs, le fléau s’appelle rivalités politiques : Soeur Lucienne Moirandat a assisté à deux tentatives de coups d’Etat en trois mois au Tchad ; Soeur Dominique Frossard, la seule à porter l’habit religieux, celui des Soeurs de la Charité en l’occurrence, était sous les bombardements du 2 février à N’Djamena. Ce qu’elle raconte fait frémir à retardement sa maman, qui l’accompagnait à Saignelégier. Pas de PAM au Tchad, les causes de la misère n’étant pas imputables aux conditions climatiques, mais beaucoup de sidéens et d’orphelins du sida, à cause de la situation géographique du pays, passage depuis le Cameroun.

Les traumatisés des guerres

«On ne comprend plus rien du tout» à cette guerre politique qui incrimine le Rwanda, le Congo et le Soudan. Les missionnaires s’abstiennent de parler politique ouvertement, mais leurs allusions provoquent chez l’abbé Hyacinthe Ya Kuiza, délégué à la Mission pour le Jura pastoral, Congolais lui-même, une poussée d’adrénaline qu’il ne cherche pas à contrôler.

Dans le diocèse de Goma au Congo, ils sont 900’000 réfugiés, victimes des traumatismes de la guerre et du viol qui est une arme de guerre. Soeur Bibiane Cattin, des Bois, s’évertue à remettre ces personnes debout grâce aux outils développés par l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal (IFHIM). Et puis il y a celles qui se définissent nomades, comme Soeur Marie-Thérèse Froidevaux, qui oscille entre Colmar et Lyon depuis son retour du Tchad. Sa mission se poursuit ici, auprès des familles d’immigrés. Les besoins existent même en Suisse, à Genève, Fribourg, Soeur Marie-Noëlle Berthold peut en témoigner. (apic/sic/js)

24 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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