Cantorbéry: Une centaine d’évêques présentent leurs
excuses aux homosexuels qui se sont sentis «rejetés»
Communion anglicane profondément divisée sur l’homosexualité
Cantorbéry, 10 août (APIC) Malgré le vote des évêques anglicans qui ont déclaré à la Conférence de Lambeth que la pratique de l’homosexualité était «incompatible avec l’Ecriture», on constate à ce propos des signes de profondes divisions au sein de la Communion anglicane. Une centaine d’évêques ont présenté leurs excuses aux homosexuels qui se seraient sentis «rejetés».
Peu avant la fin de la Conférence de Lambeth, qui s’est achevée dimanche à Cantorbéry, des groupes de chrétiens homosexuels, irrités contre l’issue du vote, ont rédigé une «Déclaration pastorale aux lesbiennes et homosexuels anglicans», signée par une centaine d’évêques anglicans présents à la Conférence de Lambeth – entre autres des responsables d’Eglises d’Afrique du Sud, du Brésil, du Canada, d’Irlande, d’Ecosse et du Pays de Galles.
Dans ce document, les évêques «présentent leurs excuses pour tout sentiment de rejet» qu’ont pu ressentir les homosexuels et lesbiennes après la déclaration de Lambeth. «C’est un grand souci pour nous que vous ne vous sentiez pas abandonnés par votre Eglise et que vous sachiez que nous continuerons à vous respecter et à vous soutenir.»
Une majorité d’évêques signataires viennent des Etats-Unis et d’Angleterre
La majorité des évêques signataires viennent des Etats-Unis (avec entre autres quatre femmes évêques) et d’Angleterre. Des évêques d’Australie, du Brésil, du Canada, d’Irlande, d’Aoteaora/Nouvelle-Zélande (entre autres une femme évêque), d’Ecosse, d’Afrique du Sud, et du Pays de Galles, ont aussi signé cette Déclaration pastorale.
Vendredi, lors d’une conférence de presse, l’archevêque de Cantorbéry George Carey – qui avait soutenu fermement la résolution déclarant que la pratique homosexuelle était «incompatible avec l’Ecriture» – s’est déclaré «attristé» de voir que la résolution causait «tant de peine» aux lesbiennes et homosexuels chrétiens. Pourtant elle ne fait que réaffirmer la position anglicane traditionnelle, a dit l’archevêque. Ce dernier estime que les homosexuels et lesbiennes ne devraient pas quitter l’Eglise à cause de cette question. Il s’est engagé à «continuer de les écouter», tout en les appelant aussi à «écouter la voix de l’Eglise».
Mais l’archevêque s’élève contre les interprétations de ceux qui ont assimilé ce débat sur l’homosexualité à un conflit entre évêques africains conservateurs et évêques occidentaux libéraux, notamment des Etats-Unis. «Certains supposent que c’est un fait culturel, l’Amérique contre les autres, ou l’Afrique contre les autres. Or je m’oppose à cette idée. En ce qui concerne l’homosexualité, on retrouve cette division dans toutes les Eglises. Ce n’est pas du tout un problème de culture.»
Une résolution pour rien
Avant le vote sur l’homosexualité, des rumeurs circulaient parmi l’assistance. En effet, on annonçait que les 224 évêques africains allaient sortir de la salle pour protester contre une résolution qui aurait été en faveur des homosexuels. La Communion anglicane a donc évité une division publique en adoptant une résolution conservatrice, et l’archevêque Carey a joué un grand rôle en ce sens. Mais selon de nombreux observateurs, il est clair que cette division demeurera et que la résolution ne fera qu’aggraver le problème. Celle-ci n’ayant qu’une «force morale» et n’étant pas obligatoire pour les provinces anglicanes dans le monde, elle pourrait donc bien être ignorée par la majorité des évêques libéraux, notamment les évêques des Etats-Unis qui bénissent les unions entre personnes du même sexe et ordonnent ouvertement les homosexuels. (apic/eni/be)




