Vatican

Cardinal Becciu: l'arrestation de Torzi, pas «un tremblement de terre»

L’arrestation de Gianluigi Torzi par la justice vaticane pour tentative d’extorsion ne représente pas un «tremblement de terre», estime le cardinal Angelo Becciu. Le préfet de la Congrégation pour les causes des saints a fait cette déclaration à l’agence de presse italienne Adnkronos le 6 juin 2020.

Gianluigi Torzi, cet homme d’affaire italien originaire de Molise, «devra répondre d’un crime très précis dont il est seul responsable […] et le Vatican continuera comme avant», a insisté le prélat sarde.

En octobre 2019, le Vatican a été impliqué dans l’achat frauduleux d’un immeuble de Sloane Avenue à Londres. L’acquisition avait été effectuée par des fonds du Vatican avec l’aide d’intermédiaires de la Secrétairerie d’Etat, ainsi qu’avec des apports provenant d’un autre fonds privé. Dans cette affaire, un courtier, Gianluigi Torzi, a été mis en cause puis mis en détention par la justice vaticane pour tentative d’extorsion le 5 juin 2020.

L’argent des pauvres à des fins de spéculation ?

Le cardinal Becciu est d’avis qu’en faire un «tremblement de terre» est seulement un «fantasme journalistique». «Je ne connais pas [Gianluigi] Torzi, je n’étais plus substitut [à la Secrétairerie d’Etat] lorsque les événements qui lui sont attribués se sont produits», a rappelé celui qui a occupé ce poste jusqu’au 29 juin 2019, avant d’être remplacé par Mgr Edgar Peña Parra.

Il a une nouvelle fois nié l’idée selon laquelle l’investissement du Vatican dans l’immeuble londonien, effectué avec l’argent du Denier de Saint-Pierre, «utilisait l’argent des pauvres à des fins de spéculation».

L’achat de l’immeuble londonien était une «bonne opportunité»

«Nous avons contracté un prêt hypothécaire parce qu’avec les banques, cela nous semblait une occasion de faire le meilleur usage possible du capital», a expliqué celui qui était en poste quand l’opération financière a été décidée. «Le Denier de Saint-Pierre n’a pas été touché et a augmenté ses dividendes».

«Depuis quelque temps, le Saint-Siège investit dans des immeubles», a-t-il aussi déclaré. «C’était une bonne opportunité que beaucoup de gens nous envient avec le Brexit, car aujourd’hui la valeur de cette maison a presque triplé. Le pape décidera si elle doit être conservée ou vendue, mais il n’y a pas de pertes» à déplorer dans cette affaire, a-t-il conclu. (cath.ch/imedia/cd/be)

Le cardinal Angelo Becciu, aurait fait passer les affaires de sa famille avant celles de l'Eglise | © B. Hallet
10 juin 2020 | 09:54
par I.MEDIA
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