Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens | © Oliver Sittel
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Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens | © Oliver Sittel

Cardinal Kurt Koch: "Il n'y a pas de polarisation au sein de la curie"

22.04.2019 par Maurice Page

Le pape François contre la “mauvaise curie”! Pour le cardinal suisse Kurt Koch, cette polarisation toujours plus évoquée au Vatican, n’existe pas. Le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens évalue l’opposition à François comme le fait d’une “petite minorité” dont l’attitude ne doit pas être généralisée.

S’exprimant, le 20 avril 2019, à la télévision autrichienne, le cardinal Koch a rappelé que déjà sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, il y avait des divergences d’opinions et des critiques au sein de l’Eglise. La différence est que les réserves contre le pape argentin viennent aujourd’hui du côté traditionnel et non plus, comme auparavant, plutôt du côté progressiste. Finalement, chaque pape fixe ses propres priorités.” Je pense que nous devons regarder les accents positifs qu’un pape met et les soutenir”, a déclaré président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

Interrogé sur les intrigues souvent décrites au Vatican, l’ancien évêque de Bâle, qui travaille à la Curie depuis neuf ans, a répondu qu’il ne le vit pas ainsi.

Le cardinal a rapporté qu’il rencontre régulièrement le pape François dans une atmosphère amicale et ouverte. Il a entendu des catholiques argentins dire qu’ils n’avaient jamais connu l’ancien archevêque de Buenos Aires aussi heureux. François se plait dans son rôle de pape et se considère comme le “curé de l’Église”, pour qui la pastorale est une grande préoccupation.

Abus: L’Église sur la bonne voie

A propos de la perte de confiance dans l’Eglise après les scandales d’abus sexuels des années passées, le cardinal Koch a estimé que les émotions qui y étaient liées étaient compréhensibles. Beaucoup de choses révélées sont “vraiment choquantes”.

Comme principes importants pour le traitement des abus dans l’Eglise, Kurt Koch a cité la prise au sérieux des victimes, une attitude claire de “tolérance zéro” envers ce “crime contre l’homme” et une prévention efficace.

Dans l’Église, les abus sont d’autant plus graves qu’ils touchent deux domaines très intimes de la vie humaine: la religion et la sexualité. “Et si elles sont en conflit ou en guerre l’une contre l’autre – même sous le couvert de la sainteté – Il faut combattre les abus à partir de leur fondement. ”

L’Eglise prend le problème au sérieux

Le pape Benoît XVI avait déjà fait beaucoup contre les abus et avait congédié de nombreux prêtres de leur charge, a rappelé le cardinal. Le sommet sur la protection de l’enfance tenu en février au Vatican, avec les présidents des Conférences épiscopales du monde entier, a beaucoup contribué à faire prendre conscience que le sujet des abus concerne toutes les Eglises locales. Qu’il n’est pas seulement un “problème de l’Occident”, comme certains l’avaient affirmé.

Le cardinal Koch s’est dit convaincu que l’histoire arrivera à la conclusion que “l’Eglise catholique est l’instance qui a pris le problème le plus au sérieux”.

Selon le prélat, les d’abus ont conduit à une “crise profonde” de l’Eglise, qui peut cependant être surmontée. Face aux nombreuses sorties d’Eglises, Il souligne que la préoccupation principale doit être “le soin pastoral (Seelsorge) et non le souci du nombre (Zählsorge)”. Mais c’est “dommage quand les gens ne trouvent plus dans l’Eglise la réponse à leur désir religieux. ,

Pour “l’oecuménisme pratique”

A propos de son domaine de responsabilité au Vatican, l’œcuménisme, le cardinal a rappelé la prière de Jésus pour que tous soient un. Les nombreuses divisions au cours des 2’000 ans d’histoire de l’Eglise ont abîmé le témoignage commun pour Christ. Mais il y a eu des progrès dans le dialogue des Eglises. On se trouve beaucoup plus avancé aujourd’hui qu’au début de l’oecuménisme.

Par exemple, l’engagement commun en faveur d’une approche humaine de la migration fonctionne bien face au manque de solidarité d’une Europe en crise. Lui-même s’intéresse davantage aux questions théologiques autour du rapprochement des Eglises, “mais l’œcuménisme pratique est tout aussi important”. (cath.ch/kap/mp)


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