Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil po0ntifical pour l'unité des chrétiens (photo Maurice Page)
Suisse
Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil po0ntifical pour l'unité des chrétiens (photo Maurice Page)

Cardinal Kurt Koch: "Comme Moïse, je marche vers la Terre promise!"

19.06.2017 par Marin Spilker, kath.ch / Maurice Page cath.ch

En marge de la célébration des 500 ans de la Réforme, le 18 juin 2017, à Berne, le cardinal suisse Kurt Koch, président du conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a livré à cath.ch quelques réflexions sur le but et l’état actuel de l’œcuménisme en Suisse et dans le monde.

N’estimez-vous pas qu’il y a pas une certaine contradiction à vouloir célébrer 500 ans de division des chrétiens?
Cardinal Koch: Le fait que les protestants suisses n’aient pas voulu fêter seulement entre eux les 500 ans de la Réforme, mais aient désiré le faire dans une perspective œcuménique est un vrai signal. Pour montrer que ce qui nous unit passe avant ce qui nous sépare. C’est pourquoi le sentiment de reconnaissance domine. La foi en un Dieu trinité: Père, Fils et Saint-Esprit et le même baptême nous unissent. Tel est le fondement de l’œcuménisme.

En Suisse, plusieurs courants réformés existent. La Réforme n’a pas été la même à Zurich, Berne, Neuchâtel ou Genève.
La Réforme a été très diverse. La Réformation en Allemagne n’est pas la même qu’en Suisse et que dans les pays nordiques. Luther et Zwingli ne s’entendaient pas, notamment sur le sens de la Sainte Cène. Dans les pays nordiques comme la Norvège, la Suède, la Finlande, la Réforme ne repose pas sur un mouvement populaire comme en Suisse ou en Allemagne, mais sur le fait du prince. Plus tard la réforme anglicane sera encore différente. La Réforme suisse a un visage très particulier, mais Zwingli, à Zurich, et Calvin, à Genève, sont relativement différents l’un de l’autre. On le voit encore aujourd’hui dans le canton de Vaud ou en Suisse romande, les réformés ne sont pas les même qu’à Zurich.

Cette diversité n’est-elle pas un frein au dialogue oecuménique?
La première difficulté est le choix du partenaire de discussion. En Suisse, c’est relativement clair. Je suis très reconnaissant de pouvoir mener ce dialogue avec le président du Conseil de la FEPS qui représente les Eglises réformées et avec qui nous pouvons avoir des échanges approfondis.

50 ans après les débuts de l’œcuménisme, doit-on en rester à la position actuelle de l’acception mutuelle? Ou est-il possible d’aller plus loin pour rapprocher les Eglises?
Nous n’avons certainement pas le même but. Selon la prière du Christ dans l’évangile de Jean, nous devons tous être un. C’est déjà beaucoup de se reconnaître mutuellement, de vivre ensemble, de collaborer, mais cela ne peut pas être le but de l’œcuménisme. Le but est de pouvoir se reconnaître comme Eglise de Jésus-Christ et de célébrer ensemble l’eucharistie.

N’est-ce pas un peu frustrant face aux difficultés de ce chemin?
J’ai choisi comme patron pour mon action oecuménique le prophète Moïse. Après avoir sorti d’Egypte le peuple hébreu, il doit le conduire en Terre promise. Il a un but très clair. Il ne l’atteindra personnellement jamais, mais il pense au sort de son peuple. Avoir un patron comme Moïse, c’est le meilleur médicament contre la frustration.

Quel est votre idéal sur ce chemin de l’œcuménisme?
Les dialogues sont nombreux, pas seulement avec les protestants, mais aussi avec les autres confessions comme les orthodoxes ou les Eglises d’Orient. Il s’agit de mener tous ces dialogues pour arriver ensemble à relever les défis de la société actuelle, comme la crise des réfugiés ou le terrorisme. Pour donner un témoignage commun de la présence de Dieu dans notre monde sécularisé qui voudrait souvent le reléguer dans la vie privée. (cath.ch/ms/mp)


Des conférenciers orthodoxe, évangélique et catholique parlent de mission et d'œcuménisme | © Grégory Roth

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