Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège (Photo: flickr/ukinholysee/cc)
Vatican

Cardinal Parolin: Mobiliser les acteurs politiques et religieux pour «éradiquer» le terrorisme

Rome, 16.11.2015 (cath.ch-apic) Pour «éradiquer le mal du terrorisme», il faut convoquer «tous les acteurs, politiques et religieux, de la vie nationale et internationale», a estimé le 15 novembre 2015 le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Dans un entretien au journal français La Croix, le ›numéro 2’ du Vatican a soutenu les interventions actuelles en Syrie, à travers la «légitimité» des organisations internationales, car «on ne peut tolérer la violence aveugle».

En réaction aux attentats parisiens, il faut «convoquer tous les acteurs, politiques et religieux, de la vie nationale et internationale», explique le cardinal Pietro Parolin. «Tous les moyens de sécurité, des forces de police et de renseignement» doivent être mobilisés, pour «éradiquer ce mal du terrorisme». Mais, pour le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, il faut aussi déployer toutes les ressources spirituelles pour donner une réponse positive au mal: une éducation au refus de la haine, et des réponses aux jeunes qui partent au djihad. «Sans cette union, prévient le cardinal, cette bataille, très dure, ne sera pas gagnée. Et il est nécessaire d’y associer les acteurs musulmans.»

Troisième guerre mondiale «en morceaux»

Au début des frappes américaines en Irak, en août 2014, le pape avait déclaré qu’il était «licite d’arrêter l’agresseur injuste». La position du Saint-Siège demeure la même concernant les frappes en cours en Syrie contre le groupe Etat islamique, «car on ne peut tolérer la violence aveugle». Outre la légitime défense d’un Etat en son sein, explique le cardinal Parolin, un Etat peut aussi exercer une intervention à l’extérieur, mais à travers la légitimité des organisations que la communauté internationale s’est donnée.

Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège explique aussi l’expression de «Troisième guerre mondiale par morceaux», souvent utilisée par le pape François: «une guerre non déclarée, asymétrique. Une guerre hors des champs de bataille, où les victimes sont les gens innocents, jeunes, adultes, anciens. Troisième guerre mondiale en morceaux veut dire aussi qu’on ignore où se produira le prochain épisode».

Le Vatican peut être une cible

Le cardinal Parolin reconnaît aussi que le Vatican peut être une cible en raison de sa signification religieuse. Mais si les moyens de sécurités autour du petit Etat peuvent être renforcés, il ne s’agit pas de se laisser paralyser par la peur et cela ne change donc rien à l’agenda du pape. Pour le cardinal, le jubilé de la miséricorde arrive à point nommé: «c’est le moment juste pour lancer l’offensive de la miséricorde. On peut comprendre qu’après des attentats, existent des sentiments de vengeance mais il faut vraiment les combattre (…) Le Miséricordieux est aussi le plus beau nom de Dieu pour les musulmans, qui peuvent être associés à cette année sainte, comme l’a voulu le pape», rappelle-t-il. (apic/imedia/bl/rz)

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège
16 novembre 2015 | 08:54
par Raphaël Zbinden
Temps de lecture : env. 2  min.
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