Suisse: 29 novembre: Collecte du dimanche universitaire 98
Caritas: CP 60-7000-4 Lucerne
«Des interrogations face à l’avenir ? – Relevons les défis du futur ! «
Fribourg, 12 novembre 1998 (APIC) La recherche sociale, à l’Université, est à l’intersection de la science et de la misère humaine. La haute école fribourgeoise sort de sa tour d’ivoire et engage à un changement de regard en donnant des pistes pour l’action. La collecte du Dimanche universitaire permet entre autres à l’Université de Fribourg de financer la vulgarisation d’études sur des problèmes comme celui des chômeurs en fin de droit. Grâce au soutien des catholiques suisses lors de la quête du 29 novembre, le fruit de ses recherches est accessible au grand public.
Le travail conditionne l’ensemble de la population: il n’y en a plus pour tous aujourd’hui. Consciente de la nécessité de relever les défis de l’avenir, l’Université s’engage concrètement pour les valeurs chrétiennes et la solidarité entre les hommes. La recherche en matière sociale, comme celle sur le chômage, vise à «éveiller» une prise de conscience des exigences d’une société solidaire. Aujourd’hui, le travail social est à l’intersection de la science et de la misère humaine.
«En la matière, l’Université de Fribourg a effectivement une longueur d’avance par rapport à nombre d’autres hautes écoles: c’est qu’elle nous incite non seulement à décortiquer en théorie les défis actuels dont s’occupent les sciences sociales, mais aussi à les remettre à l’épreuve de la vie quotidienne des hommes», souligne Marc-Henry Soulet, co-auteur de la recherche «Scénarios d’une politique vis-à-vis des «fin de droit»” mandatée par le parlement fribourgeois à la chaire de travail social et à la chaire d’histoire économique de l’Université de Fribourg.
Equilibre des droits et des devoirs entre la société et l’individu
Le changement de millénaire qui s’approche est plus qu’une simple date. Pour la Commission du Dimanche universitaire, cette «période développe une insécurité croissante que nous percevons dans le monde et dans la société. De fait, nous perdons de plus en plus confiance en la capacité de planifier notre destin; nous perdons aussi confiance en nous-mêmes. Une peur diffuse s’installe, mais la peur est mauvaise conseillère».
La peur de l’avenir est peut-être liée au fait qu’il n’y a plus aujourd’hui de travail pour tous. Les instruments de protection et de prévoyance liés à la profession ne sont plus toujours opérationnels et doivent être remodelés sur une nouvelle base plus large. Cela implique un aménagement plus important qu’une simple correction de l’organisation sociale.
La recherche entreprise conjointement par Jean-Jacques Friboulet, Sabrina Guidotti, Claudia Sassi, Jean-Claude Simonet et Marc-Henry Soulet, propose quatre piste pour l’avenir: le dénominateur commun de ces scénarios est l’introduction d’un revenu minimum d’insertion.
Le revenu alloué aux personnes mises en marge du marché du travail serait accompagné par une démarche d’insertion professionnelle conditionnelle. L’atout principal réside, selon l’étude, dans l’équilibre des droits et des devoirs entre la société et l’individu.
Ainsi, la collectivité se trouve confrontée à la nécessité de faire une place à l’individu. Elle doit lui redonner le sentiment de son utilité. C’est à la société de valoriser l’individu en lui procurant les moyens d’une activité qui lui permette de trouver une identité et une reconnaissance sociale. L’individu recevant un revenu minimum, quant à lui, doit sortir de la logique de revendication dans laquelle il a pu se nicher grâce à l’Etat-providence pour s’impliquer activement dans la société.
L’étude «Scénarios d’une politique vis-à-vis des «fin de droit»«, publiée avec l’aide du Conseil et du Rectorat de l’Université de Fribourg, invite aussi à orienter le traitement du chômage en fin de droit vers d’autres activités ne relevant pas de la concurrence et de la productivité, mais qui sont toutefois nécessaires. Ces occupations doivent cependant recevoir une consécration sociale aussi bien qu’une contrepartie économique. L’instruction, l’engagement social et culturel ouvrent un nouveau domaine: le «volontariat». Désormais, l’engagement personnel appartient à l’idée d’un nouveau «contrat social» qu’il faut appréhender dans une très large mesure.
La collecte permet d’étendre le message
Pour la formation des étudiants en professions sociales: l’important n’est pas tant de s’occuper du chômage que des chômeurs. Car il n’est fondamentalement pas admissible, en effet, que les gens soient rejetés de la communauté et privés de perspectives.
Les futurs assistantes et assistants sociaux, qui suivent leur formation à l’Université de Fribourg, ont l’occasion d’étudier et d’évaluer les projets concrets en matière de chômage des autorités, associations et œuvres d’entraide. Ils sont confrontés de la sorte non seulement à des modèles abstraits, mais aussi avec une pâte humaine qui implique la responsabilité personnelle de son prochain.
L’Université entend également adresser le même message à des cercles plus élargis a travers notamment des conférences publiques sur: «Chômage et solidarité», «Les nouvelles inégalités», ou «Modernisation et marginalisation». Les textes et documents publiés sous forme de livres ou de brochures permettent une diffusion plus large de ces débats. Ces conférences et publications sont possibles grâce à l’aide de contributions de la Collecte du Dimanche universitaire. (apic/ab)



