L’évêque plaide pour une éducation aux valeurs

Caux: Conférence de Mgr Bernard Genoud au Centre de rencontres

Caux, 27 juillet 2001 (APIC) Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a critiqué «l’illusion du savoir» et l’enseignement d’une technicité «sans aucune philosophie des valeurs», au cours d’une conférence donnée jeudi 26 juillet au Centre de rencontres de Caux, sur le thème: «L’inaliénable dignité de la personne humaine».

Citant Einstein, l’évêque a insisté sur l’éthique essentielle sous-tendant toute recherche et tout progrès. «Ce qui est faisable n’est pas forcément souhaitable». Mgr Genoud a plaidé pour une éducation où des maîtres forment des disciples, fondé sur une relation d’amitié, venant du cœur, et visant la transmission de valeurs.

En répondant à la question d’une adulte qui s’est dit découragée, l’ancien professeur de philosophie a affirmé son espoir en voyant l’engagement des jeunes qui partent pour aider les autres, qui se demandent «à quoi bon devenir l’occupant le plus riche du cimetière?»

Faisant écho au thème des conférences de Caux – «Mondialiser la responsabilité – délier les cœurs» – il a constaté un retour à la responsabilité individuelle. Si les méchants sont toujours les autres, il y aurait «une drôle de mathématique» selon laquelle individuellement on est tous des bons types, et l’addition de tous ces bons types, c’est le chaos qu’on critique, a-t-il remarqué.

Mgr Genoud a conclu en plaidant pour «un optimisme modéré, un réalisme tragique», entre l ’optimisme béat d’un Rousseau et le pessimisme outrancier d’un Sartre.

Mgr Genoud a noté que le village de Caux fait partie de son diocèse, et il s’est souvenu de ses trois années passées dans la paroisse de Montreux au début de son ministère.

Sa conférence se situait dans le cadre de la rencontre «Objectifs et valeurs pour le nouveau siècle». Il s’agit d’un dialogue interactif pour toutes générations, avec la participation de représentants de «Changer la ville», une initiative qui travaille au développement urbain.

Cornelio Sommaruga, président de la Fondation responsable du centre, a relevé en remerciant son invité que «dans une vie moderne dont le rythme et les pressions multiples nous entraînent souvent à vivre à la périphérie de notre être, c’est en prenant conscience des ressorts profonds de notre nature humaine que nous sommes à même de susciter des changements fructueux, au niveau personnel comme dans le monde qui nous entoure».

Deux directeurs des institutions onusiennes prendront encore la parole lors des conférences publiques hebdomadaires à Caux durant le mois d’août. (apic/com/pr)

27 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!