Caux: Le secrétaire d’Etat Michael Ambühl aux Rencontres internationales de Caux
«La Suisse plus que jamais engagée pour un monde plus sûr»
Caux, 10 août 2005 (Apic) C’est le thème «La Suisse plus que jamais engagée pour un monde plus sûr» qu’a abordé mardi soir le secrétaire d’Etat Michael Ambühl aux Rencontres internationales de Caux, organisées au-dessus de Montreux par le Centre «Initiatives et Changement».
Initiatives et Changement est le nouveau nom dont se dote désormais le mouvement international du Réarmement Moral. Ce réseau mondial, connu pour son rôle lors des réconciliations qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale en Europe ainsi qu’entre le Japon et les Philippines, avait été lancé dans les années 1930 par l’Américain Frank Buchman, avec le but de «refaire le monde».
Michael Ambühl, secrétaire d’Etat au Département Fédéral des Affaires Etrangères, a pris la parole mardi soir lors de la 4ème conférence publique des rencontres internationales de Caux sur le thème: «Entre idéaux et pratiques de vie: un fossé à combler, quel est la contribution de la Suisse ?» La Suisse, forte d’une longue tradition humanitaire, s’attache aujourd’hui plus que jamais à contribuer à un monde plus sûr et plus juste, a-t-il lancé, en rappelant que le préambule de la Constitution fédérale engage la Confédération à renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde.
La neutralité reste une valeur sûre
Le secrétaire d’Etat a souligné les trois principes qui fondent la politique suisse: l’universalité de ses relations, la neutralité, et l’état de droit. Selon lui, la Suisse est perçue comme non partisane, «comme un intermédiaire honnête (’honest broker’) capable d’objectivité lorsqu’elle offre ses bons offices». Pour vivre en sécurité, la Suisse se doit également de réagir par rapport à des conflits hors de son territoire et de promouvoir la paix.
Le haut fonctionnaire suisse a donné un bilan concis de l’aide suisse: 50 millions de francs par an sur quatre ans pour une nouvelle politique de soutien aux efforts des ONG dans la transformation des conflits; des activités de bons offices au Soudan, en Colombie, au Sri Lanka, au Kosovo et au Moyen-Orient; en moyenne, 80 experts déployée comme observateurs aux élections, pour soutenir les droits de l’homme et l’état de droit; 340 militaires et experts civils travaillant avec une trentaine de missions de l’ONU – et la Suisse compte doubler ses effectifs militaires pour de telles missions dans les quatre ans à venir.
La Suisse soutient aussi les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés en 2000 par les Nations Unies: 55 pays partenaires, et son 1,38 milliard de dollars d’aide publique en 2004 le place au 8ème rang parmi les 22 Etats membres de l’OCDE. Depuis 1990, trois milliards de francs ont été consacrés à la consolidation de la démocratie et à la transition vers une économie sociale de marché dans les pays de l’Est de l’Europe.
Ne pas seulement cultiver son petit jardin
Pour Michael Ambühl, tout ceci contredit les paroles du personnage de Candide de Voltaire, qui pensait que pour le meilleur des mondes, il fallait cultiver son jardin. Selon le haut fonctionnaire suisse, nous devons dorénavant nous attaquer aux problèmes de notre jardin mondial. Pour ce faire, il faut renforcer les partenariats avec la société civile, et prendre des initiatives pour s’attaquer aux problèmes de l’histoire. Il a exprimé son plaisir de se retrouver dans le «cadre magnifique» de Caux, dédié depuis 1946 à la paix et à la réconciliation, un cadre dont la sérénité ne peut qu’inspirer nos débats».
Michael Ambühl prenait la parole à la fin de la «Journée internationale des populations autochtones» de l’ONU, marqué à Caux par un «dialogue autochtone mondial», avec la participation des représentants de ces peuples d’Europe, de l’Amérique latine et du Nord, d’Australie. La conférence publique du secrétaire d’Etat au Département Fédéral des Affaires Etrangères était placée dans le cadre de la conférence «Quelle gouvernance pour faire progresser la sécurité humaine?» qui se tient à Caux du 5 au 11 août 2005. (apic/astb/com/be)



