Calice sans vin?
Ceci est vrai.
Imposer le 0% d’alcool au volant dans un pays à 88% catholique, c’est un peu comme si on interdisait les moules sur les cartes belges, les roesti dans l’Oberland bernois ou la purée à une personne édentée. Le législateur croate l’a pourtant fait. Sans doute n’a-t-il pas trop réfléchi, administrant la preuve que quelque chose d’universel lie les politiciens. Boire ou conduire, a-t-on argué. C’était sans compter sur l’exigence du prêtre à lever le calice durant la célébration eucharistique, pour y boire ce que tout servant de messe confirmera: le bon pinard de messe des caves des églises. C’était non plus sans compter sur le manque de prêtres, et la nécessité pour ces derniers de dire plusieurs messes à la suite. Au risque d’élever leur taux d’alcoolémie. Les 2’000 prêtres croates ont répondu, en vain pour l’heure, exigeant du gouvernement qu’il leur paie un chauffeur. A défaut, se posera alors la question de savoir si ces prêtres pourront rester fidèles à l’exigence évangélique: «Buvez-en tous». Un sacré défi pour le gouvernement. Appelé à boire le calice jusqu’à la lie. (apic/pierre rottet)




