Vatican

Célibat sacerdotal: Rome face à «Des profondeurs de nos cœurs»

Le célibat sacerdotal n’est pas et n’a jamais un été un dogme, mais pour tous les derniers papes «un cadeau précieux», a affirmé lundi 13 janvier 2020 Andrea Tornielli, directeur éditorial du Dicastère pour la communication du Saint-Siège.

Il réagissait au livre Des profondeurs de nos cœurs, un ouvrage cosigné par le pape émérite Benoît XVI (2005-2013) et par le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui sera publié le 15 janvier 2020.

Discipline ecclésiastique de l’Eglise latine

Le célibat sacerdotal relève de la discipline ecclésiastique de l’Eglise latine et «représente un don précieux, ainsi défini par tous les derniers pontifes». Pour le directeur éditorial du Dicastère pour la communication du Saint-Siège, le pape émérite et le cardinal-préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements abordent dans ce livre que vont publier les éditions Fayard un thème sur lequel le pape François s’est souvent exprimé.

Dans les extraits fournis par le quotidien français Le Figaro, on apprend que les auteurs entrent dans le débat sur le célibat et la possibilité d’ordonner des prêtres mariés. Le pape émérite et le cardinal Sarah, se présentant comme deux évêques en «obéissance filiale au pape François» et «cherchant la vérité» dans un «esprit d’amour pour l’unité de l’Eglise», défendent la discipline du célibat. Ils avancent des arguments qui, selon eux, déconseillent de changer cette discipline.

La question du célibat occupe 175 pages du volume, avec deux textes, l’un du pape émérite et l’autre du cardinal, ainsi qu’une introduction et une conclusion signées par les deux, écrit Andrea Tornielli sur Vatican News.

Pour Sarah, «une catastrophe pastorale»

Le directeur éditorial cite le cardinal Sarah, qui «prie le pape François de nous protéger définitivement d’une telle éventualité en opposant son veto à tout affaiblissement de la loi du célibat sacerdotal, même limité à l’une ou l’autre région». Encore une fois, le préfet de la Congrégation pour le Culte divin va jusqu’à dénoncer «une catastrophe pastorale, une confusion ecclésiologique et un obscurcissement de la compréhension du sacerdoce» dans la possibilité éventuelle d’ordonner des hommes mariés.

Benoît XVI, dans sa brève contribution, réfléchissant sur le sujet, remonte aux racines juives du christianisme, affirmant que le sacerdoce et le célibat sont unis depuis le début de la «nouvelle alliance» de Dieu avec l’humanité, établie par Jésus. Et il rappelle que déjà «dans l’Eglise ancienne», c’est-à-dire au premier millénaire, «les hommes mariés ne pouvaient recevoir le sacrement de l’ordre que s’ils s’engageaient à l’abstinence sexuelle».

Benoît XVI a admis des prêtres mariés dans l’Eglise latine

Mais le célibat sacerdotal n’est pas et n’a jamais été un dogme, insiste Andrea Tornielli, rappelant opportunément que l’Eglise catholique de rite oriental prévoit la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés.

Il relève aussi que des exceptions ont également été admises pour l’Eglise latine, précisément par Benoît XVI dans la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus du 4 novembre 2009 dédiée aux anglicans qui demandent la communion avec l’Eglise catholique. Il est prévu dans ce document «sur l’établissement d’ordinariats personnels pour les anglicans qui entrent dans la pleine communion avec l’Eglise catholique», signé par le pape de l’époque, Joseph Ratzinger, «que soient admis à l’ordre des prêtres des hommes mariés, au cas par cas et en fonction de critères objectifs approuvés par le Saint-Siège». (cath.ch/vaticannews/be)

Andrea Tornielli, directeur éditorial du Dicastère pour la communication du Saint-Siège | © medol/Wikimedia/CC BY-SA 4.0
13 janvier 2020 | 15:10
par Jacques Berset
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