Centrafrique: Le gouvernement veut limiter les communautés protestantes

Mesures contre l’implantation «désordonnée» des églises

Bangui, 28 octobre 2003 (Apic) Le gouvernement de la République Centrafricaine (Rca) réagit contre l’implantation jugée anarchique des églises protestantes. Le ministre de l’Intérieur, Michel Paulin Bondéboli, a prescrit de nouvelles conditions pour être reconnues.

La Rca connaît, depuis une décennie une prolifération des églises protestantes. Celles-ci sont organisées dans un cadre de concertation dénommée «Alliance des Eglises Evangéliques de Centrafrique» (Aeec). Les églises protestantes en Rca sont souvent créées par des hommes politiques pour des raisons ethniques ou par des fidèles en conflit avec les dirigeants des Eglises officielles.

Dans un communiqué cité par l’Afp, le gouvernement a annoncé que désormais, pour être juridiquement reconnues, les églises protestantes doivent entre autres avoir un minimum de 1000 adhérents et être implantées au moins dans trois des 16 départements du territoire nationale. En plus, le pasteur de toute église protestante doit être titulaire d’un diplôme de théologie et avoir une expérience professionnelle.

Le ministre Bondéboli a demandé aux 34 associations protestantes de Rca de régulariser leur situation. Jusqu’ici, a-t-il estimé, elles s’implantent de façon «désordonnée». Selon le ministre, «les diverses ramifications» des églises évangéliques font suite, pour la plupart, à des querelles à connotation tribales, matérielles, ainsi que pour des raisons «mercantiles». Il donné l’exemple de l’église évangélique de Mid-Mission «d’où sont sorties, en moins de 20 ans, plus de 10 églises».

La nouvelle décision du ministre de l’Intérieur a été très mal accueillie par les responsables des églises évangéliques. L’un d’eux a juré qu’il obtiendrait le départ de Michel Paulin Bondéboli du gouvernement d’ici le début de l’année prochaine. (apic/ibc/bb)

28 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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