Evolution du marché du travail et crise du couple

Centre social protestant Berne-Jura: A problèmes nouveaux, il faut des solutions nouvelles

Berne, 27 juillet (APIC) Regenove, l’entreprise de réinsertion du Centre social protestant (CSP) des Eglises Berne-Jura, basée à Tramelan, et le service de consultation conjugale, juridique et d’accompagnement de personnes en difficultés financières, à Moutier, ont mis en place des moyens spécifiques pour répondre aux besoins nouveaux, relève le directeur du CSP Pierre Ammann, dans son rapport annuel.

Un premier aspect des prestations fournies par le CSP Berne-Jura concerne le domaine juridique. Pratiquement toutes les premières consultations sont réalisées par téléphone (223 entretiens de 15 minutes), ce qui permet au juriste de répondre rapidement aux demandes simples et d’aborder les questions plus complexes lors d’un entretien ultérieur à Moutier, ou à Bienne. Globalement les problèmes sociaux ont représenté 39% des heures de consultations fournies par le CSP en 1998, les consultations juridiques 23% et les consultations conjugales et familiales 38%.

Quant au nombre de dossiers, il n’a que très peu évolué par rapport à 1997, lit-on dans le rapport. La provenance géographique des usagers reste également très stable: 65% des proviennent du Jura bernois, 20% de Bienne et 11% du canton du Jura. On note que 29% des dossiers impliquaient plusieurs personnes (en général des couples), en d’autres termes que le CSP Berne-Jura a en fait reçu 470 personnes en 1998.

Crise du couple

«Nous sommes de plus en plus fréquemment confrontés à des sollicitations de personnes qui sont en désaccord avec leur conjoint ou leur partenaire sur l’avenir de leur couple», indique Pierre Ammann. «Nous leur proposons depuis quelque temps une nouvelle démarche qui s’adresse aux deux membres du couple.» C’est ainsi que, dans le cadre de consultations menées conjointement par un juriste et une conseillère thérapeute de famille (donc en présence d’un homme et d’une femme), un temps de dialogue est offert, précisément au moment où celui-ci s’avère particulièrement difficile.

Ce dialogue ne vise pas à déboucher sur une entente – il ne s’agit pas d’une démarche de médiation – mais à clarifier la position de chacun des membres du couple, puis à les informer des possibilités offertes par le droit du mariage et du divorce (mesures protectrices, etc.) et de ses contraintes, y compris en matière d’autorité parentale et de droit de garde.

Le CSP Berne-Jura dispose aussi d’une assistante sociale spécialement formée à l’intervention psychosociale dans les situations financières difficiles. Cette collaboratrice vient de terminer une formation organisé par le Centre d’études et de formation continue pour travailleurs sociaux (CEFCC) à la demande de la Conférence des directeurs des CSP de Suisse romande. Dans chaque situation de détresse pécuniaire, il s’agit d’analyser la situation financière du ménage et d’examiner les ressources dont disposent les personnes qui le composent. «Il arrive malheureusement assez fréquemment que la situation ne permette pas d’envisager un désendettement ou qu’il doive être différé dans le temps, indique le CSP, notamment parce que les revenus ne sont pas suffisamment stables.»

Regenove: une année particulièrement difficile

«Les difficultés de recrutement apparues au second trimestre de l’année 1997 ont perduré durant toute l’année 1998», constate le CSP, dont l’entreprise de réinsertion professionnelle a dû faire face à une diminution considérable des assignations de la part des offices régionaux de placement (ORP). Cette baisse est la conséquence d’une offre trop abondante de places dans le Jura bernois, ajoutée à l’absence de sélection sur la base des besoins spécifiques des demandeurs d’emploi. C’est ainsi que le taux d’occupation sur l’ensemble de l’année à été inférieur de 27% au taux prévu.

L’année 1999 devrait être plus réjouissante pour Regenove. Les démarches entreprises en vue d’assainir l’offre d’emplois temporaires dans le Jura bernois et de l’adapter aux besoins des demandeurs semblent porter leurs fruits. Ainsi, la commune de Tramelan a renoncé à maintenir son propre programme d’occupation au profit d’une collaboration accrue avec l’entreprise de réinsertion du CSP, y compris en ce qui concerne les personnes ayant épuisé leur délai-cadre. De gros efforts ont également été entrepris pour adapter l’offre du CSP à l’évolution de la demande des offices régionaux de placement.

De plus, la Commission sociale a conduit une réflexion en profondeur sur les structures du CSP. Elle soumettra prochainement au Synode de l’arrondissement jurassien des Eglises réformées Berne-Jura un projet de statuts. Elle s’attellera ensuite à une restructuration de l’ensemble des services qui constituent aujourd’hui le CSP, «afin de lui conférer davantage de souplesse dans l’accomplissement de sa mission à l’aube du troisième millénaire». (apic/spp/jms/be)

27 juillet 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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