«Ceux qui ne partagent pas l’idéologie d'al-Qaïda ont peu de poids»

Syrie: Le Père Karakach déplore la domination des fondamentalistes au sein de l’opposition

Rome, 19 septembre 2013 (Apic) A l’heure actuelle, le courant fondamentaliste prévaut amplement au sein de l’opposition syrienne, estime le Père franciscain Bahjat Karakach. Pour le religieux syrien d’Alep, «les individus et les groupes d’opposition qui ne partagent pas l’idéologie d’al-Qaïda, malheureusement, ont peu de poids dans la balance politique». Ce maître des postulants de la Custodie de Terre Sainte l’a confirmé à l’agence d’information vaticane Fides.

Le religieux franciscain affirme cependant que, tant chez les chrétiens que les non chrétiens, on rencontre des opinions politiques très différentes, «même si aujourd’hui la majeure partie des Syriens – de toutes appartenances religieuses et ethniques – est contrainte au silence alors qu’elle n’est pas d’accord avec la violence qui dévaste le pays».

Séparer la religion de la politique

Il faut séparer la religion de la politique, poursuit-il, car à ses yeux, rien n’est pire, dans cette situation, qu’un discours confessionnaliste, alors que d’aucuns accusent les chrétiens locaux d’être proches du président syrien Bachar el-Assad.

La Syrie est un pays d’une grande diversité ethnique et religieuse et, alors que se fomente le fondamentalisme religieux, les minorités en font les frais. «Ce ne sont pas seulement les chrétiens mais l’ensemble des minorités qui vivent dans la terreur d’être persécutées et supprimées», insiste le Père Bahjat Karakach.

La force de la prière

Rappelant la grande veillée de prière célébrée par le pape François le soir du 7 septembre sur la Place Saint-Pierre, le franciscain relève qu’»immédiatement après, le danger de l’attaque militaire contre la Syrie s’est éloigné».

Par le jeûne et la prière, les chrétiens peuvent alimenter l’espérance et la diffuser là où les gens sont désespérés. «Nous devons travailler afin de construire la nouvelle Syrie. J’encourage tout un chacun à conserver l’esprit de vérité et d’espérance, à ne pas accepter de compromis avec la culture de la violence. Nous savons tous que la solution concerne non seulement, nous, les Syriens, mais de nombreuses autres nations, impliquées directement ou indirectement dans le conflit. Tous les hommes de bonne volonté ont le devoir moral de solliciter leurs gouvernements afin qu’ils participent à une solution de paix et de dialogue en Syrie. Ceci sera un bien pour toute l’humanité!» (apic/fides/be)

19 septembre 2013 | 15:33
par webmaster@kath.ch
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