Bolivie: Evo Morales accuse certains évêques d'être impliqués dans des vols commis dans des églises
Ceux qui possèdent les clés sont responsables
Cochabamba, 1er mai 2013 (Apic) Lors d’une manifestation publique dans la région centrale de Cochabamba, le président bolivien Evo Morales, a accusé «certains évêques» d’être impliqués dans une série de vols commis dans les églises catholiques du pays ces derniers mois. Il a invité le cardinal Julio Terrazas Sandoval, président de la conférence épiscopale, à imposer un «châtiment sévère» aux coupables.
Selon le président Morales, ce sont les évêques qui détiennent les clés des églises. Ils doivent donc savoir qui y vient et y va. Evo Morales a exprimé sa préoccupation au sujet de vols récents notamment celui du 22 avril dernier dans la ville de Copacabana, à la frontière avec le Pérou, où les voleurs ont dérobé 18 joyaux des statues de la Vierge et de l’Enfant Jésus, d’une valeur incalculable, selon l’Eglise catholique.
«Chaque jour, dans les journaux, nous lisons que telle vierge s’est fait prendre ses bijoux, tel saint a été dépouillé de ses biens. Mais qui gère les clés de ces églises? Ce sont les évêques et ils doivent savoir qui entre et qui sort. Donc ils savent qui prend les bijoux», a déclaré Evo Morales.
Selon la presse, le président Morales n’a pas fourni de preuves de ses accusations, mais semblait faire allusion au cas du curé de la paroisse de Tinguipaya, dans la région andine de Potosi, arrêté récemment pour avoir volé des bijoux dans l’église en 2011. Or ce prêtre est le frère d’un évêque. La police bolivienne a en outre indiqué avoir arrêté six personnes impliqués dans le vol des joyaux de la Vierge de Copacabana, parmi elles figureraient trois prêtres et un policier.
L’Eglise demande le soutient de l’Etat
Les déclarations du président surviennent aussi au lendemain d’une demande d’aide de la Conférence des évêques à l’État pour préserver le patrimoine historique, religieux et culturel de leurs églises et sanctuaires, face de la vague de vols des derniers mois. L’Eglise a relevé dans un communiqué qu’elle fait de son mieux pour prendre soin de ses biens, mais que dans la pratique, elle n’a pas les moyens techniques, et économique nécessaires pour la sécurité intérieure des églises et lieux ouverts au public. Il serait souhaitable d’obtenir le soutien le gouvernement et d’autres institutions, concluait-elle. (apic/aica/mp)



