Rome : Le pape François n’a pas aboli le péché, prévient le Père Lombardi après un éditorial de « La Repubblica »

«Ceux qui suivent le pape jour après jour savent combien de fois il parle de notre condition de pécheurs»

Rome, 30 décembre 2013 (Apic) En réponse à un éditorial du quotidien italien « La Repubblica » qui affirmait que le pape François avait «aboli le péché», le directeur du Bureau de presse a expliqué, le 30 décembre 2013, qu’au contraire, le pontife n’avait de cesse de parler de la «condition de pécheurs» des hommes.

Dans un éditorial paru la veille, le fondateur du quotidien de gauche, Eugenio Scalfari, avait ainsi assuré que le pape François était révolutionnaire à plus d’un titre, en particulier parce qu’il avait «aboli le péché». Pour preuve, le journaliste soutenait que le pape avait, dans sa récente Exhortation apostolique Evangelii gaudium, mis fin au péché «en identifiant à l’amour, à la miséricorde et au pardon le Dieu chrétien révélé par le Christ», mais aussi «en attribuant à l’homme une totale liberté de conscience».

Sur les ondes de Radio Vatican, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a rétorqué que «ceux qui suivent véritablement le pape jour après jour savent combien de fois il parle du péché, de notre condition de pécheurs». Le Père Federico Lombardi a relevé qu’il n’y avait pas de miséricorde sans péché, rappelant aussi que le pape François, jésuite, ne pouvait être insensible aux Exercices spirituels du fondateur de la Compagnie de Jésus saint Ignace de Loyola (1491-1556) «dont la première semaine est dédiée à la méditation des péchés».

Incompréhensions

Le Père Lombardi a également pointé quelques incompréhensions biblico-théologiques d’Eugenio Scalfari concernant des propos que le pape François aurait tenus lors d’une rencontre entre les deux hommes fin septembre. Cette rencontre avait donné lieu par la suite à la publication d’un long compte-rendu sous forme d’interview dans « La Repubblica ». Un texte avec lequel, après quelques semaines, le Vatican avait pris ses distances.

Enfin, le ›porte-parole’ du Vatican a relevé une erreur dans l’éditorial d’Eugenio Scalfari qui écrivait que le pape avait «canonisé saint Ignace de Loyola il y a quelques jours». «Comme nous le savons tous, le pape a canonisé ces derniers jours Pierre Favre, premier compagnon de saint Ignace de Loyola», a ainsi affirmé le Père Lombardi, relevant aussi que le fondateur de la Compagnie de Jésus était «un saint de l’Eglise depuis plusieurs siècles». Et le Père Lombardi de conclure, lapidaire : « Je crois qu’il convient d’être attentifs à poursuivre le dialogue mais à l’approfondir de façon à ce qu’il n’y ait pas d’équivoques et que l’on se comprenne vraiment ». (apic/imedia/ami/cw)

30 décembre 2013 | 18:19
par webmaster@kath.ch
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