(*)(Cf. Roland Campiche, Alfred Dubach, Claude Bovay, Michael Krüggeler, Peter Voll, Croire en Suisse(s), L’Age d’Homme, Lausanne, 1992)
Rome: L’ambassadeur d’Israël défend le «compromis» sur la mosquée de Nazareth
L’affaire a été excessivement dramatisée
Rome, 26 novembre 1999 (APIC) L’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège estime que l’affaire de la mosquée de Nazareth a été «excessivement dramatisée» par les médias, et que l’autorisation de sa construction par le gouvernement israélien est «un compromis destiné à restaurer l’harmonie entre les communautés».
L’autorisation de la construction d’une mosquée sur la place de la basilique de Nazareth annoncée le 13 octobre 1999 par les autorités israéliennes – est un «compromis destiné à restaurer l’harmonie entre les communautés». C’est ce qu’a affirmé le 26 novembre 1999 l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Aharon Lopez, en s’adressant à quelques journalistes au cours d’un briefing à l’ambassade, suite à ce qu’il a appelé une «dramatisation excessive» par les médias de l’affaire de la construction de la mosquée de Nazareth.
Pour Aharon Lopez, il faut redonner «sa juste dimension», à la question de la construction de la mosquée de Nazareth, pour ne pas contribuer à augmenter les tensions à Nazareth et en Israël. L’ambassadeur s’est refusé à répondre directement au communiqué du Saint-Siège du 23 novembre, dans lequel le porte-parole du pape affirmait que cette décision créait «des bases pour fomenter la division». «L’autorisation de cette mosquée n’est pas une provocation ni dans sa substance ni dans son esprit», a-t-il cependant assuré, «Je pense que cette décision contribuera à restaurer l’harmonie entre les communautés plus que si nous avions utilisé la force», a-t-il ajouté. Pour l’ambassadeur, un des effets positifs de cette autorisation est déjà le fait que «la place est nette» désormais, étant donné que les musulmans ont démonté il y a deux semaines la tente qu’ils avaient érigée il y a deux ans à quelques mètres de la basilique de l’Annonciation.
«Il s’agit d’un compromis, c’est pourquoi cela ne peut pas plaire à tous», a encore souligné l’ambassadeur, «mais nous espérons que le temps prouvera que ce compromis était la meilleure solution à adopter». Pour Aharon Lopez, il faut accepter de «tester la détermination du gouvernement à vouloir assurer la sécurité à Nazareth et dans l’ensemble d’Israël». L’ambassadeur a insisté sur le fait qu’il y aura un centre de police non loin de la place pour assurer la sécurité des différents pèlerins et visiteurs une fois que la mosquée sera construite, et que les deux groupes seront séparés.
La taille de la mosquée, dont la surface ne dépassera pas 700m2, «n’affectera pas l’espace vital ni de l’église ni de la place» a-t-il encore assuré, en faisant remarquer que les musulmans n’ont obtenu une réponse positive à leur demande que dans de «justes proportions», puisqu’ils n’ont pas reçu l’autorisation de construire la grande mosquée qu’ils demandaient. En outre, d’après l’ambassadeur, cette décision n’a pas été prise pour céder aux manifestations illégales des musulmans qui ont dressé il y a deux ans une tente sur la place, mais pour répondre à un sentiment légitime selon lequel l’endroit est «un lieu saint» pour eux, du fait que l’on y trouve une plaque commémorant un neveu de Saladin mort au XIIème siècle. La condition est désormais que les musulmans «jouent franc jeu», a ajouté M. Aharon Lopez.
Israël souhaite accueillir dans les meilleures conditions possibles les pèlerins qui visiteront la ville au cours de l’Année sainte, a enfin affirmé l’ambassadeur, et «d’abord et avant tout le pèlerin numéro 1, le pape Jean-Paul II, qui sera particulièrement bienvenu et accueilli par toutes les autorités israéliennes». Enfin, l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège a précisé que si cette question a créé des divergences de points de vue entre le Vatican et Israël, il ne s’agit cependant pas d’une «crise», et les contacts «restent bons entre les deux parties». (apic/imed/mp)




