Chambésy: Des représentants orthodoxes débattent des questions éthiques
Jean Paul II et «Evangelicum vitae» salués
Chambésy, 17 septembre 2002 (APIC) Une trentaine de religieux et de scientifiques des quatorze Eglises représentant les quelque 200 millions d’Orthodoxes dans le monde se sont réunis du 11 au 15 septembre au Centre orthodoxe du Patriarchat oecuménique de Constantinople à Chambésy, près de Genève. Ils ont débattu des grands problèmes éthiques et moraux qui touchent aujourd’hui le monde chrétien.
Citant le pape Jean Paul II et l’encyclique «Evangelicum vitae», les participants se sont félicités des positions de l’Eglise catholique en matière de bioéthique, d’avortement, de contraception artificielle, d’euthanasie et de clonage humain, notamment. Il se sont en outre distancés de l’Eglise orthodoxe de Russie «habituellement ultraconservatrice», et qui «fait cavalier seul».
Le président du congrès, le métropolite titulaire du trône d’Elioupoléos (Anatolie), Athanase Pappas, un des principaux collaborateurs du Patriarche oecuménique Bartholomée 1er, a souligné dès l’ouverture «la nécessité pastorale d’un code de bioéthique de l’orthodoxie, indispensable tout particulièrement pour les anciens pays communistes de l’Europe de l’est et du sud-est».
Professeur à l’Université de Genève, Alberto Bondolfi, catholique, conseiller du gouvernement suisse sur les questions liées à la bioéthique, a rappelé les principes catholiques alors que le professeur Martin Robra, luthérien allemand, a présenté celles des protestants.
Non à la contraception et à l’avortement
Tous les participants à l’exception du Père russe Antoni Iljin, responsable du secteur des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, ont dit «non» à la contraception artificielle et à l’avortement, et ont de la même façon rejeté formellement toute forme de coopération au suicide, à l’euthanasie ou au clonage humain.
Un moine grec, Nicolaos Hadjinicolaou, provenant du monastère de Simonos Petras du Mont Athos, un des rares bastions de l’orthodoxie encore farouche et toujours interdit aux femmes, a pour sa part fait un pas sans précédent en faveur de Rome: sa doctrine en plusieurs points, a-t-il dit, peut être qualifiée d’oecuménique dans le sens où elle «est utile aux orthodoxes», a- t-il conclu.
Un avis que n’a de loin pas partagé le père russe Antoni Iljin, qui a exprimé ses réserves: «L’orthodoxie ne doit pas suivre le modèle catholique. Pour la théologie russe ni le moment de la conception de la vie ni celui de la mort ne sont clairement établis».
Le Congrès, organisé dans le cadre des préparatifs pour un Synode pan- orthodoxe, n’est toutefois pas parvenu à fixer une date pour cette future réunion qui devrait aborder toute question en suspens entre orthodoxes dans le monde. (apic/r-ds/pr)




