Ami de Paul VI, toute une vie au service de la cause de l’unité
Chamonix: Décès du théologien protestant Oscar Cullmann, pionnier de l’oecuménisme
Bâle, 18 janvier 1999 (APIC) Le célèbre théologien protestant bâlois Oscar Cullmann, pionnier de l’œcuménisme, est décédé samedi à Chamonix dans sa 97ème année. Ami du pape Paul VI, il participa, comme observateur invité personnel, au Concile Vatican II. Il devint membre de l’Institut de France en 1972.
Né le 25 février 1902 à Strasbourg, O. Cullmann a été professeur de Nouveau Testament et d’histoire du christianisme aux Universités de Strasbourg (1930-1938), de Bâle (1938-1972) et, conjointement, à Paris (Ecole pratique des Hautes Etudes, Sorbonne, Faculté libre de théologiqe protestante).
Dès les années 20, c’est-à-dire bien avant que l’oecuménoisme soit officiellement à l’ordre du jour des Eglises et des conférences internationales, il s’engagea dans le dialogue œcuménique avec des représentants de l’Eglise catholique-romaine et de l’orthodoxie. Grâce à ses contacts, le professeur Cullmann fit de l’Université de Bâle l’un des premiers centres œcuméniques de la théologie protestante.
L’homme appelé à une décision personnelle
Son œuvre est parue pour l’essentiel chez Delachaux et Niestlé à Neuchâtel. Elle comprend des ouvrages d’exégèse du Nouveau Testament et d’histoire du christianisme ancien (Les premières confessions de foi chrétiennes/1943; Le culte dans l’Eglise primitive/1946; Saint Pierre disciple, apôtre et martyr/1952, Dieu et César/1956, Christologie du Nouveau Testament/1957; Le milieu johannique/1975), des ouvrages de nature systématique (Le Christ et le temps/1946; Le salut dans l’histoire/1966). Dans ces ouvrages, le professeur Cullmann développe une théologie selon laquelle le salut doit être compris comme une histoire gouvernée par Dieu, dont le Christ est le centre, mais qui appelle l’homme à une décision personnelle.
Oscar Cullmann fait également des propositions concrètes et pratiques en vue du rapprochement des Eglises chrétiennes dans des publications comme L’unité par la diversité (1986) et Les voies de l’unité chrétienne (1992). Il y formule un projet d’une communauté d’Eglises autonomes qui se rassembleraient dans une assemblée conciliaire. En même temps, Cullmann mettait clairement en garde contre un œcuménisme qui aurait pour but la fusion des Eglises et contre la tentation de chercher le principe de l’unité en dehors des fondements de la foi.
Le premier protestant à recevoir le «Prix international Paul VI»
Le théologien bâlois s’était vu décerner le 2 avril 1993 des mains du cardinal archevêque de Milan Carlo Maria Martini le «Prix international Paul VI». Il était le premier protestant à recevoir une telle distinction. Par ce geste, la Fondation Paul VI à Brescia entendait honorer l’engagement du professeur Cullmann en faveur de «la recherche de la vérité dans la cause de l’unité de ceux qui croient au Christ, sur le plan biblique et dans le démarche concrète des Eglises».
Cullmann fut co-fondateur en 1965 de l’Institut œcuménique de Tantur, à Jérusalem. Il institua en 1994, dans le but de poursuivre son héritage œcuménique, une Fondation destinée à poursuivre le dialogue pour l’unité entre les confessions, indépendamment de toute institution, dans l’amour et la recherche de la vérité. Il a encore suivi avec intérêt dans les derniers mois la publication du premier ouvrage de liturgie œcuménique en quatre langues, «Sinfonia Oecumenica», remis en décembre dernier à Harare à la VIIIe Assemblée plénière du Conseil œcuménique des Eglises, qui fêtait à cette occasion le 50e anniversaire de sa fondation. (apic/kem/jmp/be)



