Congo RDC: Les évêques ont le droit de prendre position dans le domaine politique

Changement de la Constitution: le pouvoir censure le cardinal

Kinshasa, 21 janvier 2011 (Apic) Les évêques de la République Démocratique du Congo (RDC) revendiquent le droit de prendre position dans le domaine politique. Dans un récent point de presse, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya avait rejeté la proposition du Gouvernement congolais de faire de l’élection présidentielle de 2011 un scrutin à un seul tour, s’opposant ainsi au projet de révision de la Constitution congolaise. Il a été vivement pris à partie par les médias loyalistes et accusé de s’aligner publiquement sur les vues de l’opposition.

Le Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), regroupant tous les évêques catholiques de la RDC, a invité les acteurs politiques et les médias à éviter de dénaturer le rôle et l’organisation de l’Eglise catholique en RDC, rapporte l’Agence congolaise de presse (ACP).

Il y a trois semaines, l’Eglise catholique de RDC, par la voix du cardinal Monsengwo Pasinya, a critiqué un projet de réforme constitutionnelle du gouvernement, visant à faire un unique scrutin, lors des élections générales de novembre prochain.

Le Comité de la Conférence épiscopale leur a également demandé de placer au premier plan, dans leurs débats, la paix et le bien-être de la population congolaise. «Le cardinal et tout évêque, dans leurs diocèses respectifs, en vertu de leur fonction magistérielle inhérente à leur charge pastorale, ont le droit de se prononcer sur les obligations qui concernent les hommes unis en société, ainsi que sur les choses temporelles à organiser, selon l’ordre établi par Dieu, pour favoriser le bien commun, la cohésion sociale et la paix entre les hommes», a souligné le Comité permanent.

Prise de position légitime

La CENCO estime que l’on ne peut pas nier au cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, le droit aussi bien comme citoyen congolais que comme prélat de l’Eglise, «de prendre position sur une matière aussi délicate que la révision de la Constitution de la RDC». Elle déplore que certains médias se soient montrés «tendancieux, surprenants et parfois désobligeants» et regrettent qu’ils entretiennent ainsi «une confusion de nature à récuser le droit à la liberté d’expression reconnu à tout Congolais par la Loi Fondamentale de la RD du Congo». Le Comité permanent de la CENCO promet de se pencher sur la question au cours de sa réunion statutaire, prévue en février 2011. (apic/ibc/be)

21 janvier 2011 | 12:32
par webmaster@kath.ch
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