Gabon: L’Eglise catholique veut endiguer le phénomène des crimes rituels

Chaque année, le 28 décembre sera dédié aux victimes innocentes

Libreville, 16 mai 2012 (Apic) La Conférence épiscopale catholique du Gabon (CEG) a plaidé en faveur d’une accentuation de la lutte contre la recrudescence des sacrifices humains et des crimes rituels à caractère fétichiste. Selon l’Association de lutte contre les crimes rituels au Gabon (ALCR) font chaque année «pas moins de 100» victimes à travers le pays.

Les prélats ont décidé que la journée du 28 décembre de chaque année, qui est la fête des Saints Innocents, sera une journée de prière pour les victimes innocentes de toute forme de violence.

Pour l’année 2011, l’ALCR a dénombré 62 cas de sacrifices humains dont 28 enfants, 20 femmes et 14 hommes. Selon les médias gabonais, de nombreux cas de crimes rituels impliquent des personnalités politiques.

Des personnalités politiques impliquées

Ces pratiques criminelles ont lieu souvent lors d’élections ou de la formation d’un gouvernement, dans le but de se maintenir ou d’accéder à des postes du gouvernement, ou encore d’être élus. C’est l’un des sujets tabous au Gabon. La société civile et la population dénoncent sans cesse cette pratique, mais la justice ne s’en est jamais saisie.

Vers la fin du mois d’avril dernier, après la diffusion d’un documentaire sur les crimes rituels au Gabon par la télévision française «Canal +», le président gabonais Ali Bongo s’est indigné du phénomène. Il a convoqué une réunion d’urgence de son gouvernement «pour ordonner la fin de cette pratique barbare».

Pour sa part, l’Eglise catholique s’est engagée depuis février, à combattre les sacrifices humains. Dans ce cadre, sa commission «Justice et paix» organise samedi 19 mai prochain une table-ronde pour débattre de la question. Pour les responsables de l’Eglise catholique au Gabon, il est «inadmissible que les auteurs et les commanditaires de ces actes crapuleux demeurent presque toujours impunis». Ils les qualifient «pratiques contraires à toute valeur humaine et chrétienne» et exhortent les forces de sécurité à assumer pleinement leur mission «et que justice soit faite». (apic/ibc/be)

16 mai 2012 | 16:26
par webmaster@kath.ch
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