Québec: L’avenir du patrimoine religieux inquiète Mgr Martin Veillette
Charges trop lourdes pour des paroisses en manque de fidèles
Trois-Rivières, 14 février 2011 (Apic) Le président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), Mgr Martin Veillette, s’inquiète de l’avenir du patrimoine religieux, menacé notamment par la baisse drastique de la pratique religieuse dans la Belle Province. L’évêque de Trois-Rivières met également en cause la disparition des tarifs préférentiels d’Hydro-Québec il y a quelques années.
Cette décision a marqué le début des difficultés financières des fabriques d’église – organismes chargés de veiller à l’entretien des bâtiments paroissiaux au Québec – qui, depuis, doivent assumer les factures «astronomiques» du chauffage des églises.
Le président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec réagissait au dépôt, la semaine dernière, du mémoire du Comité sur le patrimoine religieux, un organisme mandaté par l’AECQ pour réagir au projet de loi 82 sur le patrimoine culturel. Mgr Veillette a été témoin lui-même dans son propre diocèse de situations dramatiques lorsqu’est venu le moment de disposer de trois églises non classées.
Le chauffage des églises ruine les paroisses
Certes, le Québec a fait un effort avec la création de la Fondation du patrimoine religieux, mais Mgr Veillette doute que ce soit suffisant, en posant notamment la question des immeubles anciens ou plus récents, mais qui ne sont pas classés monuments historiques. «Le fonctionnement régulier coûte une fortune et le principal poste du budget des fabriques, c’est le chauffage. C’est ce qui conditionne l’état d’un bâtiment et qui fait qu’on peut conserver en bon état les orgues et les tableaux». L’argent, qui arrive de plus en plus difficilement dans les paroisses, doit être consacré à ce poste budgétaire et ne peut être investi dans l’entretien courant. Le retour des tarifs préférentiels d’Hydro-Québec pourrait contribuer à solutionner le problème, estime-t-on du côté de l’Eglise catholique au Québec.
Le président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) ne parle pas seulement des bâtiments appartenant aux diocèses et aux paroisses, mais également des immeubles des communautés religieuses. Il mentionne notamment le monastère des Ursulines. «Heureusement, de ce côté, on a pu faire des réparations grâce à la Fondation du patrimoine religieux. Mais jusqu’à quand les religieuses, qui sont vieillissantes et qui n’ont plus les ressources suffisantes, pourront-elles tenir à bout de bras des biens patrimoniaux à la valeur reconnue?», s’interroge-t-il.
Plusieurs monastères transformés en résidences
Depuis quelques années, des monastères, désertés par les religieuses, ont dû être vendus. C’est le cas à Trois-Rivières de celui des soeurs du Précieux-Sang, sur le boulevard Saint-Louis, acheté par la société Olymbec qui le transforme en logements. Bien qu’il soit âgé de plus de 100 ans et malgré la renommée de la communauté qui fut très proche de la population de Trois-Rivières, ce monastère n’a pas été classé bien patrimonial, bien que ce bâtiment soit considéré comme l’un des plus beaux de Trois-Rivières.
L’évêque du diocèse s’est cependant dit heureux que les architectes d’Olymbec aient fait des efforts pour préserver l’ensemble architectural dans son intégrité, du moins à l’extérieur, clochers compris. Le «témoignage» de la présence des religieuses restera ainsi présent. Olymbec, qui entreprend dans ce bâtiment la construction de 27 logements, l’a rebaptisé simplement «Le monastère».
Deux autres institutions religieuses d’importance ont déjà été transformées en logements à Trois-Rivières: le monastère des soeurs de Marie-Réparatrice (devenue résidence «Les Jardins Laviolette»), et le Jardin de l’enfance, une école accueillant autrefois des garçons et dirigée pendant plus de six décennies par les Filles de Jésus, une congrégation religieuse originaire de Bretagne, devenue la résidence «Le Jardin». (apic/rvm/be)



