Un héritage inscrit dans l’histoire

Charte européenne: Delors pour une référence à la religion

Rome, 26 octobre 2000 (APIC) Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, s’est prononcé publiquement contre la décision d’éliminer la référence aux valeurs religieuses du préambule de la Charte de l’Union européenne des Droits Fondamentaux. Cet héritage est inscrit, qu’on le veuille ou non, dans l’histoire de l’Europe, plaide-t-il. Il estime cependant que le débat n’est pas clos par l’approbation du texte à Biarritz.

De passage à Rome, J. Delors, ancien ministre français de l’Economie et des Finances, a recommandé aux rédacteurs et responsables du document de faire la distinction entre leur opinion personnelle et leur tâche de rédiger la charte. «Je regrette que, pour des raisons liées à un certain laïcisme, la référence à l’héritage religieux ait été omise. Ce serait comme si en France ceux qui n’aiment pas la dictature, ou un pouvoir plutôt autoritaire, avaient décidé de rayer Napoléon de l’histoire», a-t-il confié à l’agence Zenit à Rome, en précisant qu’il s’exprimait en sa qualité de catholique.

«Ainsi, ceux qui, en Europe, n’aiment pas le fait que le Christ a existé, désirent omettre la référence à la religion. C’est absurde. Tous les éléments qui ont cimenté l’humanité, quand et comment nous les avons reçus, doivent être pris en considération dans la charte», a ajouté l’ancien président de la Commission européenne.

J. Delors a aussi évoqué les critiques émises du côté catholique à propos des passages du document sur la vie, la procréation et la famille. «Nos représentants ont gardé à l’esprit le système actuel de valeurs, a-t-il déclaré. Si vous me demandez si elles sont aussi les miennes, je réponds que je n’aime pas ces valeurs (…); cependant, je ne peux pas changer les choses. Mes valeurs sont différentes, mais je ne peux pas les imposer à d’autres».

Jacques Delors ne pense pas que le débat puisse se terminer avec l’approbation du document. «Aucun pays ne sera dispensé de le soumettre aux Parlements nationaux, dit-il, parce que cette charte ne vient pas d’en-haut. C’est un texte qui doit être vécu et débattu parmi les citoyens». (apic/zn/pr)

26 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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