Chercher à nuire aux acteurs du prochain conclave

Rome: Le Vatican déplore la multiplication d’informations «fausses»

Rome, 23 février 2013 (Apic) Dans un communiqué du 23 février 2013, la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a vivement condamné des articles de presse parus en Italie le 21 février, liant la renonciation de Benoît XVI à des luttes de pouvoir au sein de la curie ou à l’existence d’un «lobby homosexuel».

La Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a déploré «la multiplication d’informations souvent non vérifiées ou non vérifiables, voire même fausses, pouvant nuire à des personnes et à des institutions». Saluant le travail de certains journalistes, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a pointé «les dérives négatives» de certains autres.

Peu après la publication du communiqué de la Secrétairerie d’Etat (»Verbatim» ci-dessous), le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a expliqué que ce texte entendait être un signal pour la presse, du fait des conséquences que des informations erronées peuvent avoir sur l’opinion publique et sur le travail des cardinaux.

Condamner les dérives négatives

«Nous sommes tous conscients que c’est une période délicate, où de nombreuses informations circulent sur l’Eglise et la curie de façon extrêmement négative, qui ne correspondent pas à la réalité», a déclaré le Père Federico Lombardi. «Actuellement, on voit souvent une description négative de la situation de l’Eglise et de la curie, qui crée la confusion et ne permet pas un climat serein».

Le communiqué de la Secrétairerie d’Etat et la note publiée par le directeur de «Radio Vatican» le 23 février constituent un avertissement.

Le Père Lombardi a précisé que ce communiqué de la Secrétairerie d’Etat n’entendait pas être une «condamnation négative générale» du travail de la presse. Il a d’ailleurs salué le «travail positif» des journalistes n’ayant pas relayé certaines informations, préférant publier des témoignages et des interviews de cardinaux. «Il ne s’agit pas de décocher des jugements négatifs tous azimuts mais de condamner les dérives négatives», a-t-il expliqué.

Dans une note publiée quelques heures plus tôt sur le site de «Radio Vatican», le Père Lombardi avait assuré que la médisance, la désinformation ou parfois même la calomnie des médias n’entameraient pas la foi et l’espérance des catholiques.

Texte intégral du communiqué de la Secrétairerie d’Etat:

«La liberté du collège des cardinaux, à qui il revient de procéder à l’élection du souverain pontife, a toujours été inlassablement défendue par le Saint-Siège, afin de garantir un choix fondé sur des critères visant exclusivement le bien de l’Eglise.

Au cours des siècles, les cardinaux ont dû faire face à de multiples formes de pression, exercées sur certains électeurs, ou sur l’ensemble du collège, qui avaient pour but de conditionner leurs décisions, en les soumettant à des logiques à caractère politique ou mondain. Si, par le passé, ce sont les puissances, autrement dit les Etats, qui ont tenté de faire valoir leur propre influence sur l’élection du pape, on essaye aujourd’hui de mettre en jeu le poids de l’opinion publique, souvent sur la base d’évaluations qui ne saisissent pas le côté spirituel du moment que l’Eglise est en train de vivre.

Il est regrettable qu’à l’approche du moment où débutera le conclave et où les cardinaux électeurs seront tenus, en conscience et devant Dieu, d’exprimer en toute liberté leur propre choix, on assiste à la multiplication d’informations souvent non vérifiées ou non vérifiables, voire même fausses, pouvant nuire à des personnes et à des institutions.

Plus que jamais, en ce moment, les catholiques se concentrent sur ce qui est essentiel: ils prient pour le pape Benoît XVI, ils prient afin que l’Esprit saint éclaire le collège des cardinaux, ils prient pour le futur pape, en confiance car le destin de la barque de Pierre est entre les mains de Dieu». (apic/imedia/cp/ami/ggc)

23 février 2013 | 15:12
par webmaster@kath.ch
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