Apprendre à s’accepter mutuellement

Chicago: L’évêque anglican favorable à la bénédiction des couples de même sexe

New York, le 18 janvier 1999 (APIC) William Persell, nouvel évêque épiscopal anglican de Chicago est favorable à la bénédiction par l’Eglise des unions entre personnes du même sexe. «Nous vivons une époque ou nous devons apprendre des autres et nous accepter mutuellement», a-t-il déclaré.

Elu évêque de Chicago le 14 novembre, William Persell remplace l’évêque Frank Griswold III, choisi en 1997 comme évêque président de l’Eglise épiscopale. La question de l’homosexualité et des bénédictions d’unions entre personnes du même sexe est très controversée aussi bien dans les Eglises protestantes des Etats-Unis qu’au sein de la Communion anglicane dans le monde. L’an dernier, la Conférence de Lambeth des évêques anglicans avait déclaré que la «pratique homosexuelle» était incompatible avec les Ecritures.

L’élection de William Persell – lors de laquelle ses vues favorables en faveur de ces unions n’a pas semblé être un facteur négatif – indique que les diocèses anglicans des grands centres urbains des Etats-Unis restent les plus libéraux de l’Eglise épiscopale et de l’anglicanisme dans le monde.

William Persell a précisé à l’agence de presse œcuménique ENI que sa position concernant les unions entre personnes du même sexe n’était pas une «question intellectuelle, mais pastorale» fondée sur son expérience dans les paroisses ou il avait exercé son ministère. «Dans toutes les Eglises ou je suis allé, il y avait un grand nombre d’homosexuels et de lesbiennes. Comment dites-vous à ces fidèles qu’ils appartiennent à une seconde classe, si Dieu les a créés homosexuels? Nous devons bien les accepter».

«Je ne suis pas naïf…»

William Persell a encore rappelé que sa position à cet égard était déjà connue durant le processus de sélection pour le diocèse de Chicago. «Je ne suis pas naïf. Je sais bien que certains me critiqueront pour cela», a-t-il ajouté.

Le fait que William Persell avait la réputation d’avoir développé une collaboration réussie avec des groupes disparates au sein de l’Eglise a certainement désamorcé les critiques à son égard. Même s’il se définit comme un libéral en matière de justice sociale, William Persell, qui est marié depuis 25 ans et a six enfants, a déclaré qu’il aimait coopérer avec les conservateurs. Il se déclare «en total désaccord» avec ces libéraux qui affirment que les Eglises des Etats-Unis devraient ne plus donner d’argent pour les projets d’Eglises soutenus par les évêques africains ayant adopté une position conservatrice sur l’homosexualité à la Conférence de Lambeth.

Pour le nouvel évêque de Chicago, ces propositions sont une forme de punition qui ne facilitera pas le débat nécessaire au sein de la communion anglicane. «Je pense que nous devons nous attendre, dans les années à venir, à ce que cette question devienne un sujet de controverse dans cette Eglise et d’autres Eglises. Nous devons apprendre à aimer les gens avec qui nous sommes en désaccord», a conclut Willam Persell.

Avec 140 paroisses, 400 ecclésiastiques, et 45 000 membres baptisés, le diocèse épiscopal de Chicago n’est pas aussi grand ou important que ceux des villes de la côte Est comme Boston, New York et Philadelphie. Mais l’étendue géographique du diocèse est aussi conséquente en couvrant Chicago et la zone avoisinante. (apic/eni/ab)

18 janvier 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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