Chili: L’épiscopat réclame la libération de Pinochet pour des «raisons humanitaires»

Mais l’Amérique latine ne veut pas de l’impunité

Santiago, 17 novembre 1999 (APIC) Les évêques chiliens se déclarent favorables à une libération du dictateur Pinochet pour «des raisons humanitaires», en raison de sa santé précaire et de son âge avancé. Les milieux de défense des droits de l’homme, qui luttent contre l’impunité qui entourent les crimes commis sous la dictature, réfutent l’argumentation. Ils rappellent que Pinochet a envoyé à la mort des milliers de gens, y compris des prêtres.

Les prélats relèvent que tant que le Tribunal Pénal International ne sera pas opérationnel, l’ambiguïté juridique continuera à poser des problèmes entre le Chili, qui a le sentiment que l’on a porté atteinte à sa souveraineté, et des pays traditionnellement amis.

Dans un communiqué de la Conférence des évêques du pays, les pasteurs chiliens constatent que la cohabitation sur le plan social a été affectée. «L’Eglise demande de réfléchir à cette situation dans la sérénité et de chercher à exprimer ses idées» sans offenser les autres».

En ce qui concerne les violations des droits de l’homme qui ont eu lieu dans le passé, les évêques invitent les personnes concernées à «créer un climat dans lequel on puisse parvenir à un dépassement réel de cet obstacle à la cohabitation, en recherchant à travers un respect mutuel à trouver le chemin de la vérité et de la justice». Un argument que réfutent les familles des milliers de victimes, qui luttent contre l’impunité qui entoure les crime commis au Chili, mais aussi partout en Amérique latine, de la Colombie au Pérou, en passant par la Bolivie et l’Argentine, le Guatemala et tant d’autres pays. (apic/imed/pr)

17 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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