La statue de Renato Poblete, à Santiago du Chili, sera fondue | © Constanza Lopez/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0
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La statue de Renato Poblete, à Santiago du Chili, sera fondue | © Constanza Lopez/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0

Chili: la statue d’un jésuite accusé d’abus sexuels sera détruite

11.04.2019 par Jean-Claude Gerez, correspondant de cath.ch en Amérique latine

Le gouvernement chilien a ordonné le 10 avril 2019 la destruction de la statue du prêtre jésuite Renato Poblete, après les accusations d’abus sexuels portées à son encontre et rendus publics en janvier. Une décision approuvée par la Compagnie de Jésus.

“La statue sera fondue et l’idée est de donner le métal pour qu’il soit utilisé d’une bonne manière”, a expliqué le ministre du Logement et de l’Urbanisme, Christian Monckeberg, lors d’une conférence de presse à Santiago, la capitale. Le ministre a également annoncé le changement de nom du “Parc fluvial Renato Poblete”, situé dans le quartier de Quinta Normal, à Santiago, où se trouve la statue en question. L’endroit sera renommé “Parc de la famille”.

Malaise des victimes

“Ces lieux doivent être des lieux de rencontre, pas de division. Dernièrement, en lien avec les accusations, il y a eu des critiques liées au nom de ce lieu et à l’existence de cette statue, et les victimes de ces abus ont exprimé leur malaise”, a souligné Cristián Monckeberg.

Le 17 janvier 2019, les jésuites chiliens avaient indiqué avoir reçu des accusations d’abus sexuels commis par le Père Renato Poblete, aumônier emblématique du “Lieu du Christ”, une fondation de charité créée en 1944. Un choc concernant ce religieux qui s’était toujours distingué par l’aide apportée tout au long de sa vie aux plus défavorisés, avant son décès en 2010.

Accord des jésuites

Lors de la dénonciation des faits, la Compagnie de Jésus avait précisé, à travers un communiqué, que la personne ayant porté les accusations d’abus sexuels était une femme. Elle accusait le Père Poblete de commettre “des actes abusifs de nature grave dans les domaines sexuel, du pouvoir et de la conscience”, en 1985 et 1993. La victime, selon ses propres dires, était âgée de 19 ou 20 ans lorsque les abus ont commencé.

“Cette décision a été prise par le gouvernement et discutée avec les jésuites, une congrégation à laquelle appartenait le Père Poblete et qui a exprimé son accord, a souligné Cristián Monckeberg. Il nous appartient donc, en tant que ministère du Logement et de l’Urbanisme (Minvu), de l’exécuter”. Et le Ministre d’ajouter: “Nous avons le plus grand respect pour les victimes de tous les types d’abus”.

158 affaires en cours

D’après les chiffres produits par le procureur général du Chili, 158 affaires sont actuellement en cours concernant les crimes sexuels contre les enfants, les adolescents et les adultes commis par des membres de l’Église catholique ou d’organisations liées à cette dernière, concernant 241 victimes. 123 d’entre elles étaient mineures au moment des faits. (cath.ch/jcg/rz)


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